A l'arrière - Les hommes au front - Les hôpitaux -


Les Hauts-Fourneaux et Forges d'Allevard (1914-1918)

Les Hauts-Fourneaux et Forges d'Allevard peuvent certainement être considérés comme le doyen des établissements métallurgiques de France. Dans le Dauphiné, la métallurgie a été pratiquée depuis la plus haute antiquité : Allevard est un des vieux centres de production, et dès le XIIIe siècle on y préparait l'acier.
Les usines, au reste, abondent en curieux vestiges du passé. Sur les bords du» Bréda, qui les traverse et dont trois chutes leur fournissent la force hydraulique, s'élève un bâtiment isolé, afin de parer aux dangers d'incendie. C'est là que sont conservées les
archives de la Société, riches en vénérables parchemins jaunis, couverts d'une écriture archaïque, chargés de sceaux dont la cire, malgré les siècles, est restée intacte. Et, non loin de ce pavillon, toujours sur les bords du torrent, s'ouvre une espèce d'antre obscur,
cahute aux allures de cellier, qui abrite une forge à la mode d'autrefois, survivance étrange d'une époque disparue : un « martinet » rudimentaire mû directement par l'eau qui tombe sur la roue a aubes.
De tels aménagements, amusants anachronismes, ne sont conservés qu'à titre de curiosité et pour leur pittoresque. Le passé n'étouffe pas les Forges d'Allevard et ne les a pas empêchées de se développer dans le sens le plus moderne.
Jusqu'en 1905, leur production en métal était assurée, pour la fonte, par un haut-fourneau et, pour l'acier, par une aciérie Martin. En 1905, une aciérie électrique fut créée; agrandie successivement en 1908 et 1909, elle est maintenant pourvue de 11 fours dont 4 de forte capacité. Depuis la guerre les deux aciéries ont doublé leur production.
Une des principales fabrications obtenues à Allevard par l'électro-thermie est celle des ferro-alliages, à laquelle mondiale de ce dernier alliage, la France en livrait 5.000.

 


Carte postale ancienne, sans oublier d'éditeur, n ° 1988: ALLEVARD-LES-BAINS (Isère): L'Usine des Gorges (Hauts-Fourneaux) Au plan de premier, Voies de chemin de fer qui dépendent L'Usine des gorges Aux mines de Saint-Pierre d'Allevard et à la gare du Cheylas , appele familièrement le Tacot. Cette carte de juillet 1916

 

 
Au début de l'année 1918, la Société s'occupait d'installer une nouvelle chute de 180 mètres dont les eaux sont issues des giaciers du Glésin. D'importants travaux d'aménagement étaient effectuées en amont des usines, dans les pittoresques gorges du
Bréda : au fond du ravin, le torrent, aux eaux peu abondantes en hiver, au lit encombré d'énormes rochers; à droite et à gauche, de hauts escarpements dressant parfois jusqu'à 200 mètres une muraille presque à pic et portant accrochés à leurs aspérités des lambeaux de neige, des pentes boisées dont les branchages argentés de givre scintillaient sous le soleil; à l'arrière plan de ce décor forestier et montagnard, le Glésin, dans son éblouissante draperie blanche, autour de laquelle flottaient quelques brumes azurées.
Rien de curieux comme cette nature sauvage et primitive à deux pas d'une usine métallurgique, et, à voir travailler les équipes de terrassiers, on avait l'illusion de pionniers ouvrant une terre vierge à la civilisation industrielle et mécanique. On construisait notamment,au-dessus du torrent, une route en corniche pénétrant vers le fond des gorges auquel nulle voie jusqu'ici ne donnait accès.
Pour entamer le rocher, il avait fallu l'explosif; sur un long parcours, la montagne exhibait les blessures faites dans son flanc et montrait à vif ses grès aux tons crémeux, veinés de rose et de violet, ses schistes gris bleu foncé aux grands feuillets inclinés, parfois
teintés de rouge sombre et comme imprégnés de sang caillé.

Pour vaincre le roc on avait consommé, certains mois, jusqu'à 4.000 kilos de dynamite.
Dans leurs diverses extensions les Forges d'Allevard, encaissées à l'entrée du long couloir des gorges, furent gênées par cette situation qui est celle des plus anciennes usines de la région : dans les premiers temps de l'emploi de la houille blanche on avait
la fâcheuse habitude d'établir les bâtiments industriels au voisinage immédiat de la chute ou du barrage, c'est-à-dire le plus souvent dans un étranglement. D'inépuisables ressources d'ingéniosité furent nécessaires pour ruser avec le défaut de place. On entama la montagne au pic et à la mine. Ses flancs, partout nus et écorchés, furent rongés, grattés, raclés; des bâtiments s'y suspendirent, cramporinés à son roc. On s'étendit en hauteur puisqu'on ne pouvait le faire en largeur, et les ateliers s'étagèrent curieusement en terrasses et en gradins, jusqu'au moment où on décida de rompre
délibérément avec les errements du passé, c'est-à-dire de construire en aval, dans un élargissement de la vallée, une nouvelle usine.
Ce nouvel établissement est l'usine du Champ-Sapey, située à Saint-Pierre-d'Allevard. On s'y livre à deux fabrications dont il importe de souligner l'importance, celle des ressorts pour automobiles et véhicules de toute sorte et celle des aimants. A l'heure actuelle l'usine de Champ-Sapey fabrique par an huit fois plus de ressorts qu'avant la guerre; sa production est équivalente à celle àr la France entière avant août 1914. La fabrication des aimants s'est-elle aussi énormément accrue. On n'ignore pas que jadis les magnétos pour moteurs venaient exclusivement d'Allemagne. Durant le conflit, l'industrie française s'est organisée pour les fabriquer et il a fallu l'approvisionner en aimants. D'autre part, il est
fait une grosse consommation de ceux-ci pour la construction des appareils téléphoniques et des microphones utilisés aux armées.


Bref, Allevard produit désormais de six à sept fois plus d'aimants qu'avant la guerre.
Enfin les Forges sont en train de remédier à une infériorité qui les entravait sérieusement dans leur développement. Allevard isolé dans ses montagnes, n'est relié avec la voie ferrée du P.-L.-M., qui relie Chambéry à Grenoble en traversant tout le Grésivaudan, que par un chemin de fer sur route qui aboutit à Pontcharra. Pour obvier à ce sérieux inconvénient, la Société va fonder, au débouché de la vallée du Bréda dans celle de l'Isère, à Cheylas-la-Bussière, qui possède une station du P.-L.-M., un troisième centre industriel qu'animera une puissante installation hydraulique établie aux Sept-Laux, à une altitude de près de 2.200 mètres, par la Société générale de Force et de Lumière.
L'appoint fourni aux Hauts-Fourneaux et Forges d'Allevard par le bassin des Sept-Laux sera de 7.000 à 8.000 chevaux.


Texte publié dans "La houille blanche et l'avenir industriel du Sud-Est" par L.-J. ARRIGON en 1918

Les hôpitaux

Hôpital Complémentaire n° 55 Allevard - Hôtel du Louvre - 180 lits - Fonctionne du (? au ?) -

HB n° 229 bis Allevard - Casino - 30 lits - Ouvert le 3 mars 1915 ; fermé temporairement le 20 octobre 1915

Annexes : Hôtel Suisse, rue des Bains - 55 lits - Fonctionne du (3 mars 1915 au ?) -
Hôtel Suisse, rue des Fossés - 45 lits - Fonctionne du (3 mars 1915 au ?) -

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Les poilus de la commune : les mobilisés - les MPF - Le livre d'or

Les mobilisés

Les hommes morts pour la France

  • VACHER SEYTOUX Léon Dominique (18/09/1887)  au 340e RI
  • ALEX Louis Victor Marius
  • ALIX Antoine
  • ALPIGNANY Marius Jean
  • AYMARD Louis
  • BANOS Diego
  • BARBAS Joseph Emile
  • BAROZ Marius Alphonse
  • BERANGER FENOUILLET Camille Pierre
  • BERTHOLON Paul François Louis
  • BIONI Guillaume
  • BLANC Alexis Henri Etienne
  • BLANCHET Marius
  • BONNE Paul Marie Alfred
  • BOUCHET LANAT Hippolyte Jean
  • BOULLE Henri René Joseph
  • BOUVIER Charles Auguste Joseph
  • BOUVIER Jean Louis
  • BRAY Adrien
  • BRAY Marius
  • BRESSAND François
  • BRUN Henri
  • BRUN Jean Pierre
  • BUISSON CHAVOT Joseph Lucien
  • BUISSON-CHAVOT Marius Joseph
  • CACHET Charles François
  • CASTELLAN Paul Désiré
  • CAVAGNAT Eugène Alphonse
  • CHALARON Joseph
  • CHARFAS GRASSET Gaston Jules Antonin
  • CHASSANDE BAROZ Eugène Joseph
  • CHASSANDE PATRON Eugène Jean
  • CHASSANDE PATRON Léon Eugène
  • CHATAING Paul René Louis
  • CHEVALLIER André Emile Roland
  • CHODEZ Alphonse
  • COLLIN Alphonse
  • COLOMBET Claude
  • COQUAND Alexis
  • COUTET Joseph
  • CURTH Joseph
  • DELOBEAU Alain
  • DUMAS François
  • FLAVENS Louis Michel
  • FRASSE Daniel
  • FURIN Alfred
  • FUZIER Jean Hippolyte
  • GRANIER Léon Hippolyte
  • GRASSET Étienne François
  • GRISOLLET Alphonse Pierre
  • GROS Aristide Henri
  • HORVATH Ernest
  • JANOT Jules Auguste
  • LABBE Michel Joseph Toussaint
  • LACOMME Gabriel
  • LAMBERT Henri Jules
  • LE FAUCHEUR Noël
  • LELOUP Georges Marcel
  • LIROT Joseph Antoine
  • LONGPRE Pierre Joseph
  • LOPEZ Antoine
  • LOVERA Albin
  • LUC Alphonse Antoine
  • LUC André
  • LUC Léon
  • MANIFICAT Marius
  • MARECHAL Joseph
  • MARTIN MOREL Eugène Séraphin Hippolyte
  • MARTINET Georges
  • MARTINET Léon Joseph
  • MEYRIEUX PICOTIN Pierre Séraphin
  • MICHALLET Charles
  • MOLLIET Alphonse Joseph
  • MONTMAYEUR François André
  • MOUCHET Maurice
  • NEGRI Angelo
  • PAPET Pierre
  • PEREZ Fernand
  • PERRET Paul Henri
  • PERRIN François Pierre
  • PERRIN GOURON Joseph Antoine
  • PETROUD Alexis Pierre
  • PONT Henri Alexandre
  • PUISSANT Joseph Eugène
  • PUISSANT Marius Albert
  • PURROY Vincent
  • RABOUIN Albert
  • RAFFIN CURTEYRON Pierre
  • RAFFIN LUXEMBOURG César Jean
  • RAMBAUD Ernest Louis
  • RAMBAUD Ernest Lucien
  • RAMBAUD Jean Hippolyte
  • RAVEL Alphonse Félix Henri
  • REVOL Jean Joseph
  • REVOL Maurice Eugène Louis
  • RIBAUD Alfred Louis
  • ROCHE Jean
  • ROSSET FASSIOZ Gaston Jean Claudius
  • ROSSET Jean Pierre
  • ROSSET Pierre Jean
  • ROSSET Rémy Ferdinand Edilbert

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