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Mardi 1er août

Sur la rive gauche de la Meuse, un assaut allemand sur les pentes nord-est de la cote 304 a échoué sous nos feux.
Sur la rive droite, nous avons progressé au sud-ouest de Fleury et fait une vingtaine de prisonniers. Une tentative d'attaque ennemie à la grenade sur la partie ouest du bois de Vaux-Chapitre est restée sans résultat.
Une de nos escadrilles a bombardé les usines militaires de Thionville, les gares de Conflans et d'Audun-le-Roman et les bivouacs de la région d'Etain.
Pas d'action d'infanterie sur le front britannique.
Les aviateurs anglais ont jeté 7 tonnes de projectiles sur les voies de communication et les cantonnements ennemis. Ils ont fait sauter un train, incendié un dépôt de munitions et détruit un avion.

Depuis le 13 juillet, les Français sont entrés dans leur phase offensive et ont débutés leur lente reconquête. Un nouveau souffle s'est propagé dans toute la France, chaque citoyen comprenant qu'une étape importante vient d'être franchie.
Ce souffle d'espoir ne s'est pas arrêté aux frontières du pays, comme l'écrit le général Pétain : " Le rayonnement de notre prodigieuse résistance dépassait le cadre du pays et l'espoir renaissait partout dans les camps de la coalition. Que ne pourraient faire, pensait-on, les Alliés réunis, quand la France, seule, obtenait de tels résultats ?
Des adresses laudatives ne cessaient d'arriver à Chantilly des capitales et des quartiers généraux des pays amis. L'Angleterre, la première, s'associait à notre satisfaction… Le général Cadorna, en visite sur le front français, admirait " la sereine ténacité de nos troupes ". Les députés d'Italie acclamaient l'armée française, affirmant que celle-ci venait de sauver l'Europe. Le prince Alexandre de Serbie, après avoir vu le champ de bataille de Verdun, faisait part de son enthousiasme au Conseil des ministres. Notre ambassadeur à Pétersbourg recevait, de nos grands alliés de l'est, les témoignages d'admiration les plus touchants et la promesse d'une prochaine et très active collaboration. "

Cependant, la bataille est loin d'être terminée. La main est passée du côté Français mais la mort et les souffrances vont encore être le lot commun des combattants de Verdun durant les 5 mois à venir, jusqu'à la mi-décembre. La conclusion ne sera trouver que l'année suivante, de juillet à septembre 1917.

Depuis le 29 juillet, les tirs d'artillerie de préparation allemands s'abattent sur les 1ères lignes françaises.
  • A 9 h, les Allemands s'élancent entre l'arête de Vaux-Chapitre et la ferme de Dicourt. Ils ont face à eux des éléments de la 15e D.I. (10e, 27e, 56e et 134e R.I.) et de la 154e D.I. (41e B.I.C., 43e R.I.C., 413e et 414e R.I).
  • A 9 h 30, ils atteignent le bois de Vaux-Chapitre et se heurtent aux 2e et 3e bataillons du 27e R.I. Après ½ h de combat à la grenade, ils sont contraints à reculer. Ils tentent alors une percée en direction du ravin des Fontaines et du Chénois où sont en ligne 2 bataillons du 413e. La lutte est acharnée. Les hommes du 413e finissent néanmoins par être enfoncés mais refusent de se rendre. Pratiquement la totalité des 1500 hommes qui composent les 2 bataillons sont anéantis, mitraillés ou brûlés vifs par les lance-flammes de l'ennemi.
La disparition des éléments du 413e oblige le 41e R.I.C. en ligne au Chénois à se replier car sa position devient intenable. Il se retranche à 100 m à peine de l'entrée est du tunnel de Tavannes.

Sans tarder, le 1er bataillon du 27e R.I., en réserve au fort de Souville, est envoyé à la contre-attaque dans le secteur de la Haie-Renard et du bois de la Laufée. A midi, la 1ère compagnie et un peloton de la 2e s'élancent sous les rafales de mitrailleuses. Elles ne peuvent progresser bien loin et se replient sur leur point de départ.

Au nord de la Somme, les Allemands ont multiplié leurs contre-attaques sur nos positions du bois de Hem et sur la ferme de Monacu ; la lutte a été particulièrement vive sur ce dernier point qui, perdu un instant, a été aussitôt reconquis. Toutes les tentatives ennemies ont finalement échoué avec des pertes sérieuses. Au bois de Hem, spécialement, nos batteries ont pu prendre en enfilade les effectifs adverses.

Les Russes, continuant à marcher sur Kovel et Stanislau, ont capturé plusieurs milliers d'ennemis, et, entre autres, un régiment de honveds, avec son état-major.

Mercredi 2 août

Au sud de la Somme, nous avons enlevé une tranchée allemande entre Estrées et Belloy-en-Santerre : 60 prisonniers sont restés entre nos mains.
Sur la rive droite de la Meuse, après un violent bombardement, les Allemands ont prononcé une attaque sur nos positions à l'ouest et au sud de l'ouvrage de Thiaumont. Nos tirs de barrage et nos feux de mitrailleuses ont brisé toutes les tentatives de l'adversaire. Quelques fractions ennemies, qui étaient parvenues jusqu'à nos tranchées, en ont été rejetées par de vives contre-attaques de nos troupes. Une attaque à la grenade nous a permis de progresser au sud de l'ouvrage de Thiaumont.
Les Allemands ont attaqué sur le front Vaux-Chapitre-le-Chenois. Sur ce dernier point, ayant pris pied dans nos éléments avancés, ils en ont été aussitôt rejetés. Ils ont subi, dans l'ensemble, de grosses pertes.
Le front britannique a été relativement calme.
Les Russes ont franchi le Koropecz, en Galicie, faisant un millier de prisonniers. Les Austro-Allemands, en se retirant, bombardent Brody.
Les Italiens ont infligé de lourdes pertes aux Autrichiens dans les Dolomites.
Les avant-postes serbes ont chassé les Bulgares d'un certain nombre de positions.
Sept zeppelins ont survolé l'Angleterre sans résultat.
 

Jeudi 3 août

Au nord de la Somme, nos troupes ont enlevé un ouvrage fortifié, puissamment tenu par l'ennemi, entre le bois de Hem et la ferme Monacu. Cet ouvrage renfermait une centaine de cadavres allemands. Nous avons déblayé 4 mitrailleuses.
  • COLLIAT françois Etienne du 328e RI (MPF)
Au sud de la rivière, une attaque faite par nous dans la région d'Estrées, nous a permis d'occuper une tranchée allemande au nord-ouest de Deniécourt et de faire des prisonniers. Toutes les contre-attaques ont été repoussées.
En Champagne, à l'est d'Auberive, une reconnaissance russe a chargé à la baïonnette un détachement ennemi qui s'est dispersé, laissant des morts sur le terrain.
Sur la rive gauche de la Meuse, bombardement de nos deuxièmes lignes au sud du Mort-Homme.
Sur la rive droite, nous avons effectué plusieurs attaques depuis la Meuse jusqu'au sud de Fleury. Dans le bois à l'est de Vacherauville, à l'ouest et au sud de l'ouvrage de Thiaumont, ainsi que dans le ravin au sud de Fleury, nos troupes ont enlevé plusieurs tranchées allemandes. Nous avons fait 600 prisonniers et capturé 10 mitrailleuses.
  • COLLIAUD Jean Baptiste au 414e RI (MPF)
  • DURAND Georges Armand au 414e RI (MPF)
  • GARDET Edmond Théodore Jules au 414e RI (MPF)
  • GIROUD Henri Louis au 84e RAL (MPF)
  •  
L'ennemi, de son côté, a gagné un peu de terrain à Vaux-le-Chapitre et au Chenois. Il a subi des pertes importantes.
Les Anglais ont progressé à l'est de Pozières et repoussé des attaques à l'ouest du bois des Foureaux. Ils ont détruit 7 emplacements de batteries et 6 dépôts de munitions près de Grandecourt.
 

Vendredi 4 août

Au nord de la Somme, nous avons repoussé plusieurs tentatives allemandes dirigées sur la ferme Monacu, et nous avons organisé nos nouvelles positions entre cette ferme et le bois de Hem. Il se confirme que les unités allemandes engagées dans la région de Monacu, ont dû être relevées à la suite des fortes pertes qu'elles ont subies depuis le 30 juillet.
Au sud de la Somme, une contre-attaque sur nos positions au sud d'Estrées a échoué sous nos feux.
Sur la rive droite de la Meuse, des contre-attaques allemandes violentes ont été prononcées sur les tranchées que nous avions conquises la veille. Nos tirs de barrage ont brisé les efforts de l'adversaire.
De notre côté, nous avons sérieusement progressé au sud de Fleury, puis enlevé toutes les tranchées comprises entre Thiaumont et Fleury jusqu'au sud-est de l'ouvrage de Thiaumont et aux abords de la cote 320, puis enfin, enlevé le village de Fleury lui-même. Depuis le 1er août, nous avons fait en cette région 1750 prisonniers valides.
Dans la région du Chenois, nous avons regagné presque tout le terrain perdu la veille.
Nos avions ont bombardé les gares de Ham et de Noyon. Des avions allemands ont jeté une bombe sur Nancy sans résultat, et plusieurs autres sur Pont-à-Mousson, sans résultat également. Quatre avions allemands ont été abattus dans la Somme.
Hindenburg prend le commandement suprême des forces ennemies contre la Russie.
 

Samedi 5 août

Sur la rive droite de la Meuse, la bataille s'est poursuivie sur le front Thiaumont-Fleury que les Allemands ont attaqué avec un acharnement extrême. Plusieurs contre-attaques à gros effectifs, prononcées sur nos positions aux abords de l'ouvrage de Thiaumont ont été repoussées avec de grosses pertes pour l'adversaire. Nos troupes, au cours de la lutte, sont même parvenues à enlever l'ouvrage, que nous avons ensuite évacué sous la puissance du bombardement, en ramenant 80 prisonniers faits par nous.
Dans la région de Fleury, les combats n'ont pas été moins violents; les Allemands ont multiplié des contre-attaques sur le village Chauvre, précédées d'une intense préparation d'artillerie. Après plusieurs tentatives infructueuses, ils ont pris pied dans la partie sud de Fleury où le combat continue très vif. Tous les efforts pour nous déloger de la station de Fleury, située au sud-est, se sont brisés contre notre résistance.
L'ennemi a attaqué également nos nouvelles positions à l'est de Vacherauville et n'a réussi qu'à subir de lourdes pertes.
Une attaque allemande, enfin, a été dispersée dans les Vosges, à la Chapelotte.
Les Russes ont livré de violents combats sur le Stokhod. Ils ont progressé en Arménie.
Sur le front anglais, le combat d'artillerie est violent autour d'Armentières.
 

Dimanche 6 août

Sur le front de la Somme, notre artillerie a bombardé les organisations ennemies. Un ballon captif ennemi, atteint par notre tir, a été détruit près de Ennemain (sud de Péronne).
Dans la région de Verdun, nous avons remporté plusieurs succès signalés.
Nous avons repris et gardé l'ouvrage de Thiaumont, en dêpit des furieuses contre-attaques que l'ennemi a dirigées contre nous. Les Allemands ayant d'abord réussi à progresser dans le village de Fleury, nous avons repris la plus grande partie de ce village par une brillante charge à la baïonnette, mais les Allemands y résistent encore dans un certain nombre de maisons. Nous avons fait en tout 400 prisonniers.
Les Anglais ont avancé dans la région de Pozières. La canonnade persiste, très violente, sur l'ensemble de leur front.
M. Bassermann, l'un des chefs du parti national-libéral allemand, et en même temps l'un des leaders du pangermanisme, a prononcé un discours significatif, où il insiste sur l'héroisme de nos troupes et la difficulté de nous vaincre.
Les Russes, en luttant âprement, ont encore obtenu des succès partiels.
 

Lundi 7 août

Nuit calme sur le front de la Somme.
Entre Avre et Aisne, nous dispersons plusieurs patrouilles en faisant des prisonniers.
Sur la rive droite de la Meuse, violente canonnade dans le secteur Thiaumont-Fleury. Les Allemands tentent, par de furieuses contre-attaques, de nous chasser de l'ouvrage de Thiaumont que nous occupions solidement. La lutte, qui a été longue, a causé de lourdes pertes à l'ennemi: celui-ci a été repoussé à chacune de ses tentatives, sans pouvoir réaliser le moindre gain. Combat vif également dans le village de Fleury où aucun changement appréciable ne s'est produit.
A l'est de Pont-à-Mousson, les Allemands, après une préparation d'artillerie, ont lancé sur nos positions de la forêt de Sacq une attaque qui a échoué sous nos feux de mitrailleuses.
Sur le front de la Somme, nos aviateurs ont livré dix-sept combats et deux appareils ennemis ont piqué brusquement dans leurs lignes.
Deux avions allemands ont été abattus dans la région de Verdun, l'un près d'Abaucourt, et l'autre près de Moranville.
L'armée britannique a opéré une attaque locale au nord de Pozières. Cette tentative a totalement réussi. La position principale de deuxième ligne allemande a été capturée sur un front de 2 km, et nos alliés ont fait plusieurs centaines de prisonniers. Toutes les contre-attaques dirigées par l'ennemi ont été repoussées avec de grosses pertes pour lui.
Les Russes ont fait 1300 prisonniers au sud de Brody.
 

Mardi 8 août

Au sud de la Somme, deux petites opérations nous ont permis de progresser dans les tranchées allemandes au sud-ouest d'Estrées.
Au nord de l' Aisne, un coup de main de l'ennemi dirigé sur nos positions du plateau de Vauclerc, a échoué sous un barrage d'artillerie aussitôt déclenché.
Sur la rive droite de la Meuse, au cours de combats partiels, nous avons sensiblement élargi le terrain conquis par nous au nord-ouest de l'ouvrage de Thiaumont, et nous avons repoussé une contre-attaque dans la même région.
Dans la région de Fleury et les secteurs du Chapitre et du Chenois, la lutte d'artillerie a repris sans action d'infanterie.
Nos escadrilles ont lancé 40 obus sur la région de Combles, 44 sur la gare de Noyon, 30 sur celles de Stenay et de Sedan, 40 sur la gare de Conflans, 60 sur celle de Metz-Sablons et sur les ateliers du chemin de fer, 40 sur les établissements militaires de Rombach. Deux ballons captifs allemands ont été incendiés par nos avions sur la Somme. Un avion allemand a lancé 4 bombes sur Baccarat. Aucune perte.
L'ennemi a attaqué les positions conquises par les Anglais au nord-ouest de Pozières. Il a été refoulé avec pertes. Nos alliés ont progressé à l'est de Pozières, vers Martinpuich. Ils ont effectué un coup de main heureux près de Carency et de Loos.
Les Russes ont livré une série de combats victorieux au sud de Brody, sur le Sereth. Ils ont capturé 95 officiers et 3000 soldats. Ils ont également progressé au Caucase, à l'ouest d'Erzindjan, en faisant des prisonniers. Ils ont bombardé Samsoun, dans la mer Noire.
Victoire anglaise à Kousani (frontière orientale d'Egypte). Il y a 2500 prisonniers turcs et allemands.
 

Mercredi 9 août 1916

Sur la rive droite de la Meuse, les Allemands ont bombardé avec violence l'ouvrage de Thiaumont, nos positions de Fleury, du bois Chapitre et du Chenois. Ils ont lancé ensuite une attaque sur l'ouvrage de Thiaumont. Arrêté par nos tirs de barrage, l'ennemi n'a pu déboucher et a été rejeté dans ses tranchées de départ.
Dans le bois de Vaux-Chapitre s'est produite également une action offensive. Brisée par nos tirs d'artillerie et nos feux de mitrailleuses, elle a totalement échoué.
La situation n'a pas changé sur les deux rives de la Somme. Le bombardement réciproque se poursuit entre l'Ancre et la Somme sur les premières lignes, ainsi que sur les lignes de soutien. 
L'ennemi a prononcé diverses contre-attaques à l'est de Pozières, elles ont toutes été repoussées avec pertes pour l'assaillant; nous gardons le terrain conquis, dit le communiqué anglais. Nos alliés ont exécuté un coup de main heureux contre les tranchées ennemies à l'est de Neuville-Saint-Vaast. Les Allemands en ont tenté un sur les tranchées anglaises au sud-est du bois Grenier. Ils ont été repoussés avec pertes.
Le nombre des prisonniers faits par les Russes au sud de Brody dépasse 5500.
Les Italiens ont remporté des succès dans le val Sugana et dans le Haut-Cordevole.
 

Jeudi 10 août

Nous avons réalisé quelques gains au nord de la Somme où nous nous sommes emparés d'un petit bois et d'une tranchée fortement organisée par l'ennemi au nord du bois de Hem. Nous avons conquis, dans cette région, depuis le 7, toute une ligne de tranchées sur un front de 5 kilomètres.
  • BERNARD Jérémie Frédéric au 30e BCP (MPF)
  • DORIS Jean Henri au 30e BCA (MPF)
  • HERITIER Joseph  (MPF)
  • LEBEAU Eugène Claude (MPF)
Des détachements ennemis ont été dispersés par notre feu en Champagne.
Violent combat sur la rive droite de la Meuse dans le secteur Fleury-Thiaumont. L'ennemi avait pris pied dans quelques tranchées et dans l'ouvrage de Thiaumont. Nos contre-attaques nous ont permis de reprendre les tranchées et de rentrer dans l'ouvrage.
  • GABET Joseph Antoine  (MPF)

De même, nous avons enlevé des tranchées allemandes dans le secteur le Chapitre-le-Chenois, faisant 200 prisonniers.
Un taube a bombardé Nancy : 5 blessés.
Les Russes, avançant sur le Sereth, ont porté à 8500 le nombre de leurs prisonniers.
Au sud du Dniester, ils ont progressé sur un large front, enlevant la ville de Thonacz. De ce côté, ils ont capturé 2000 Allemands et plusieurs canons lourds.
Les Italiens, qui ont pris l'offensive dans le Carso, près de Monfalcone, ont remporté un brillant succès. Ils ont capturé la tête de pont de Goritz dans la même région, faisant 8000 prisonniers, dont 200 officiers : 11 canons sont tombés entre leurs mains.

 
 



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