Décembre 1915 au jour le jour
 

Jeudi 2 décembre

BONNARD Louis

 
Activité d'artillerie sur divers points du front.
 
Nos batteries et les batteries anglaises ont occasionné de gros dommages aux organisations ennemies en Belgique à l'est de Boesinghe. Une brèche de trente mètres a été ouverte dans une redoute.
 
Canonnade en Artois (Bois en Hache, chemin creux d'Angres, route de Béthune).
 
Bombardement réciproque à notre avantage entre Somme et Aisne, et particulièrement près de Roye.
 
Notre artillerie a attaqué un train blindé sur la route Chaulnes-Roye, et l'a forcé à rétrograder.
 
Nos batteries ont dispersé une colonne ennemie au nord-est de Soissons, sur la route de Bressy à Vregny.
Les Russes ont progressé près de Dwinsk et sur le Styr.
 
Les Austro-Allemands ont occupé Prizrend, à la frontière albanaise. Il y a accalmie dans le secteur français de Macédoine.
 
Le Reichstag a ouvert sa session eu entendant un discours de son président, plein d'un optimisme de commande.
Le Parlement italien s'est réuni. M.Sonnino, ministre des Affaires étrangères, a annoncé l'adhésion de son pays au pacte du 5 septembre 1914.
 
MM. Asquith, premier ministre, et Mac-Kenna, chancelier de l'Echiqier, ont harangué les représentants des Trade-Unions et leur ont recommandé la modération.
 
Vendredi 3 décembre

BARNIER Louis Alexandre Joseph

http://www.wifeo.com/m_editeur_meps.php?nom_page=decembre-1915
Canonnade en Artois ( Loos, Bois en Hache, Angres). Combat à coups de torpilles près de la cote 140. Un détachement allemand est dispersé par notre feu. Arras a reçu 60 obus.

Nous avons fait sauter une mine et détruit un petit poste à Fay, au Sud de la Somme.

Nous bouleversons les travaux ennemis aux Eparges.
L'armée britannique a marqué une activité accrue. Vingt de ses avions ont opéré à Orisaunout.

Les Serbes tenaient toujours Monastir le 1er décembre. Canonnade dans le secteur français, sur la Cerna et sur le Vardar.
Notre artillerie, aux Dardanelles, fait subir d'importants dommages aux batteries turques.
Les conseils de ministres se succèdent à Athènes, sans qu'il en résulte une précision sur les intentions de la Grèce vis-à-vis de l'Entente. On songe, de nouveau, à prendre à l'égard du gouvernement hellénique des mesures de pression économique.
 
Un socialiste, à la Chambre de Saxe a évoqué la possibilité d'une révolution. Les catholiques allemands, de leur côté, critiquent vivement l'impuissance du chancelier en présence de la crise des vivres.
 
 
Samedi 4 décembre
 
Actions partielles d'artillerie.
Près de Lombaertzyde, en Belgique, nous avons repris un petit poste, qui avait été perdu par surprise.
Lutte de mines à Fay, entre Somme et Oise. Nous démolissons des abris, des constructions et un dépôt d'approvisionnement au nord de laucourt.
Dans la forêt d'Apremont, combat de grenades.
Nos batteries arrêtent à Thann, en Alsace, un court bombardement.
Canonnade sur le front belge.
Le général Joffre est nommé commandant en chef des armées françaises.
La ville de Monastir, la plus importante de la Macédoine serbe, a été occupée par les troupes austro-allemandes. Les Bulgares y sont attendus.
La France, l'Angleterre et l'Italie ont décidé d'arrêter de nouveau les navires chargés de provisions à l'adresse de la Grèce, ce pays persistant dans une attitude peu amicale.
Les socialistes allemands accentuent leur opposition au chancelier, et cette attitude est vivement commentée par toute la presse d'outre-Rhin.
La Roumanie aurait vendu de très grosses quantités de blé aux empires du Centre.
Dimanche 5 décembre
 
Le mauvais temps gêne les opérations. Canonnade intermittente sur divers points du front. Quelques obus tombent à l'est de Grenay et autour de Sapigneul. Contact de patrouilles en Artois.
Lutte de mines en Argonne, à la Haute-Chevauchée et aux Eparges.
En Woëvre, nous démolissons une grosse pièce qui avait été signalée à l'est de Saint-Mihiel.
L'artillerie belge a bouleversé les travaux ennemis et contrebattu l'artillerie ennemie près de Dixmude.
Sur le front d'Orient, faible bombardement par les Bulgares de la gare de Krivolak.
Sur la Cerna, nous arrêtons des reconnaissances ennemies. Canonnade dans les secteurs de Doiran et de Stroumitza.
Les Anglais, devant l'arrivée des renforts turcs, se sont repliés en arrière de Ctésiphon, en Mésopotamie. Leurs pertes totales sont de 4500 hommes.
Le gouvernement américain a réclamé le rappel de l'attaché militaire et de l'attaché naval allemands à Washington, Boy-Ed et von Papen, dont la culpabilité avait été démontrée dans les complots progermains récents.
La Chambre italienne a exprimé sa confiance dans la politique générale du cabinet Salandra.

Lundi 6 décembre

Activité d'artillerie plus intense.
En Belgique, nous exécutons des tirs efficaces sur les boyaux de la région d'Hetsas, où l'on signalait des mouvements de troupes ennemies.
En Artois, nos batteries ripostent à un bombardement violent de nos tranchées du Crassier-Double (sud-ouest de Loos). Arras reçoit encore des obus incendiaires qui n'y font pas grand dommage.
Entre Somme et Oise, nous détruisons avec nos engins de tranchées, des postes ennemis, au nord d'Herbécourt et un abri de mitrailleuses sous coupole devant Tilloloy.
Lutte de mines à notre avantage dans la région de Frise, près de Tracy-le-Val et aux Eparges.
Dans le secteur de Macédoine, les Bulgares ont été repoussés par nos troupes près de Kosturino. Deux tentatives de passage ont été arrêtées par notre artillerie et par notre infanterie sur la Cerna.
Des patrouilles mixtes austro-bulgares sont entrées dans la ville de Monastir.
Une conférence franco-anglaise a eu lieu à Calais entre ministres et généraux français et anglais.
Sur le front italien, simple lutte d'artillerie.
Accalmie aussi sur le front russe.

Mardi 7 décembre
Activité d'artillerie assez intense en Artois (Loos et Souchez), entre Somme et Oise, où nos batteries ont atteint des convois à Fay et pris sous leur feu des troupes qui se déplaçaient à l'arrière du front.
Canonnade soutenue aussi en Champagne, de Saint-Souplet à Massiges, et en Argonne à la Haute-Chevauchée.
M. Asquith a déclaré aux Communes que le conseil des actions militaires s'établissait plus fortement entre les alliés.
On annonce que les Allemands auraient dépêché en toute hâte des renforts turcs en Mésopotamie. Ils seraient disposés à tenter un gros effort de ce côté.
Le maréchal Mackensen a adressé une proclamation au peuple serbe pour l'engager à rentrer dans ses foyers.
De nouveaux attentats pro germains ont été découverts aux Etats-Unis. L'opinion s'y accrédite que le gouvernement de l'Union pourrait être entraîné à réclamer aussi le rappel du comte Bernstorff, ambassadeur d'Allemagne.
Le Pape a prononcé, dans un consistoire secret où il désigne de nouveaux cardinaux, une allocution sur la guerre. Il a dit que la paix ne pouvait résulter que de concessions mutuelles que se feraient les belligérants, après qu'ils auraient précisé leurs aspirations.

 Mercredi 8 décembre
Notre artillerie et l'artillerie belge ont bouleversé un ouvrage ennemi dans la région d'Hetsas. Deux dépôts de munitions ont sauté.
Violente canonnade en Artois. Bombardement réciproque intense dans la région de Givenchy où ont lieu également des combats à coups de grosses bombes. Près de la route de Lille, nos batteries ont exécuté des tirs heureux.
Combats de patrouilles à notre avantage dans la région de Craonne.
En Champagne combat pour la possession d'une tranchée avancée au sud de Saint-Souplet. Nous avons déjà reconquis une grande partie de l'élément perdu.
Attaque allemande près de la butte de Souain.
Le conseil de guerre des alliés a tenu une seconde séance à Paris.
Les Russes ont remporté un succès sur le Styr, en brisant une offensive allemande.
Les Italiens signalent de nouveaux avantages sur l'Isonzo.
Une escadre autrichienne a bombardé la côte albanaise, près de Saint-Jean-de-Medua. Nous avons perdu le sous-marin Fresnel dont l'équipage a été capturé.
Le gouvernement grec a envoyé à Salonique un colonel d'état-major, le colonel Pallis, pour discuter avec le général Sarrail les mesures de détail à adopter.

 Jeudi 9 décembre
Action d'artillerie en Artois (Loos et Givenchy), entre Somme et Oise (Fouquescourt).
En Champagne, notre artillerie entre en action avec une grande violence pour riposter aux batteries ennemies : nos avions ont constaté l'efficacité de notre tir.
Notre progression s'affirme à l'est de la butte de Souain, où continuent les combats à la grenade.
Notre artillerie a démoli des réservoirs à gaz suffocants à Bethincourt, entre Argonne et Meuse.
Un de nos avions a poursuivi, a 3000 mètres d'altitude, un appareil allemand rapide. Il l'a ensuite attaqué à coups de mitrailleuse. L'avion ennemi a explosé et ses passagers sont tombés dans nos lignes, à Tilloloy.
Canonnade sur le front belge.
Les Bulgares nous ont attaqués à Demir-Kapou, en Macédoine. Ils ont été repoussés avec de sérieuses pertes.
Le président Wilson, dans le message qu'il a adressé au Congrès américain, a flétri les crimes des pro germains et annoncé le dépôt de lois destinées à les réprimer.
Le gouvernement anglais déclare que les troupes anglo-indiennes ont subi de faibles pertes dans leur retraite, après leur échec de Ctésiphon, en Mésopotamie.
 Vendredi 10 décembreCanonnade intermittente sur divers points du front. Dans la région de Roye, nous avons exécuté un tir efficace sur une batterie allemande repérée par nous. En Champagne, notre artillerie, poursuivant le bombardement de positions allemandes, a fait sauter un dépôt de munitions au sud de Saint-Souplet.
Nos contre-attaques, à l'est de la butte de Souain, ont continué à refouler l'adversaire, qui ne garde plus qu'une partie de la tranchée évacuée, totalement bouleversée. Nos batteries, par un tir constant, empêchent l'ennemi de s'y établir.
Aux Eparges, lutte de mines. Un groupe de travailleurs ennemis a été enseveli par l'explosion de l'un de nos fourneaux.
L'artillerie anglaise continue, sur divers points du front, à défoncer les réseaux de fils de fer et parapets ennemis. Nos alliés ont fait exploser avec succès une mine à l'ouest de Fricourt.
Les Bulgares ayant attaqué divers secteurs de notre front ont été partout repoussés. Le combat continue en face de notre tête de pont de Gradec, sur le Vardar.
Une escadre autrichienne a bombardé Durazzo, sur le littoral albanais.
Le chancelier allemand a fait au Reichstag une déclaration pleine de propos mensongers. Il a répondu à l'interpellation socialiste qu'il appartenait aux alliés, s'ils le voulaient, de faire des offres de paix.
M. de Romanones a été chargé de constituer un cabinet de nuance libérale qu'il a réussi à former en quelques heures.
 
 
 



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