Lundi 21 février
En Belgique, après un violent bombardement de nos positions, les Allemands ont tenté de franchir le canal de l'Yser à Steenstraete. Quelques groupes ennemis ayant pu pousser jusqu'à notre tranchée de première ligne, ont été chassés aussitôt.
En Champagne, action d'artillerie sur les positions allemandes au nord de Tahure et à l'est de Navarin.
En Argonne, nous avons fait sauter deux mines à Vauquois.
 
Début de la bataille de Verdun
 


 
Entre Meuse et Moselle, nous avons bombardé les établissements ennemis vers Etain, Varcy et Saint-Hilaire, en provoquant des incendies et des explosions.






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Au sud de Saint-Mihiel, nous avons opéré des tirs de destruction à l'ouest de la forêt d'Apremont.
Un taube a lancé sans résultat plusieurs bombes sur Dunkerque. Un autre a opéré -sans résultat aussi- près de Lunéville.
Les Russes ont occupé deux villes au sud d'Erzeroum : Mouch et Aklat, coupant ainsi les communications entre les fronts ottomans.
M. Tittoni, ambassadeur d'Italie en France, a prononcé un important discours à Nice.
On annonce que le chancelier allemand demandera au Reichstag le vote de 500 millions d'impôts nouveaux.
Des avions italiens ont survolé Laybach en Carniole.
 
  • LABBÉ Paul Ennemond (MPF)
  • Mardi 22 février
    En Artois, l'ennemi a fait sauter une mine (nord de la route de Lille).
    Canonnade près de Givenchy. Au sud de la Somme (Lihons), après avoir dirigé sur nos lignes un intense bombardement et des émissions de gaz sur un front de 7 kilomètres, l'ennemi a tenté de sortir de ses tranchées. Il a été partout repoussé.
    En Champagne, nous avons exécuté des tirs à l'ouest de la route de Saint-Hilaire à Saint-Souplet.
    En Argonne, nous avons démoli plusieurs observatoires aux abords du bois de Cheppey.
    Canonnade active dans toute la région de Verdun. Nous bombardons le bois d'Ailly au sud-est de Saint-Mihiel.
    Les Allemands ont jeté des obus sur Saint-Dié. Nous avons abattu un fokker près d'Altkirch, un albatros près d'Epinal, un avion encore près de Parroy, deux autres près de Revigny. Un zeppelin a été détruit par nos obus aux environs de Brabant-le-Roi. 17 de nos appareils de bombardement ont opéré sur le champ d'aviation d'Habsheim et sur la gare aux marchandises de Mulhouse; 28 autres ont lancé des projectiles sur la fabrique de munitions de Pagny-sur-Moselle.
    Des avions autrichiens ont survolé la plaine lombarde. Il y a eu plusieurs morts dans la population civile.
    Le général Sarrail a été reçu à Athènes par le roi de Grèce.
    Ils ne reviendront pas....
  • ODDOUX Eugène Camille du 340e RI (MPF)
  •  
    Mercredi 23 février
    En Artois, l'ennemi a effectué une forte attaque sur nos positions du bois de Givenchy. Il a pénétré dans nos tranchées de première ligne, complètement bouleversées, et sur plusieurs points dans nos tranchées de doublement, dont il n'occupe plus que quelques éléments. Il a subi des pertes considérables du fait de nos tirs de barrage et de nos feux d'infanterie et de mitrailleuses.
     
    Dans la région de Verdun, les Allemands ont attaqué nos positions, à l'est de Brabant-sur-Meuse, entre le bois d'Haumont et Herbe-bois. Ils ont pris pied dans quelques éléments de tranchées avancées et poussé jusqu'aux tranchées de doublement; ils furent rejetés de ces dernières, mais ils renouvelèrent ensuite leurs tentatives, et finalement occupèrent un bois et un saillant que formait notre ligne au nord de Beaumont. Au nord-ouest de Fromezey (est de Verdun), nos tirs de barrage empêchèrent une attaque de se déclancher.


    La grande attaque de Verdun, destinée à influencer les neutres, à relever le moral du peuple allemand et le prestige du Kronprinz, fut imposée par celui-ci et le Kaiser. Le plan d'attaque serait dû au général Deimling et au vieux feld-maréchal von Haeseler, conseiller du Kronprinz qui connaissait bien la région. La direction de l'artillerie lourde fut assumée par von Beseler qui prit Anvers. Le Kaiser est représenté ici au cours d'une visite au quartier général du Kronprinz. Près de celui-ci, le prince Oscar.


    VIEUX Henri Joseph au 2e RZ est le premier isérois à mourir à Verdun (MPF)
     
    Activité d'artillerie en Belgique, en Champagne, au Ban-de-Sapt et à l'ouest d'Altkirch.
     
    RIGOLLIER Benoit Joseph au 402e RI (MPF)

    Les Russes poursuivant leurs avantages dans la région d'Erzeroum, ont fait encore des centaines de prisonniers, en capturant plusieurs batteries allemandes.
    26 aéroplanes anglais ont attaqué les dépôts allemands de Don, infligeant de gros dégâts aux entrepôts et aux voies ferrées.
    Un zeppelin a survolé Lunéville. Poursuivi par nos avions, il s'est dirigé vers Metz.
     
    Jeudi 24 février
    En Belgique, un tir de notre artillerie a ouvert plusieurs brèches dans les tranchées allemandes en face de Steenstraete.
    En Artois, nous avons repris plusieurs points près de Givenchy.
     
    L'action au nord de Verdun s'est marquée comme une attaque très importante entreprise avec des moyens puissants. La bataille a continué avec une grande intensité et nos troupes, qui l'ont soutenue énergiquement, ont infligé d'énormes pertes à l'ennemi. Le bombardement d'obus de gros calibre, de part et d'autre, s'est étendu sur 40 kilomètres. On a constaté la présence de troupes allemandes de sept corps d'armée différents.
    L'ennemi a vainement essayé de nous déloger de nos positions au débouché du village de Haumont ; nous avons repris la plus grande partie du bois des Caures ; a l'est de ce bois, l'ennemi a pénétré dans celui de la Ville. Au nord d'Ornes, ses assauts ont été enrayés.

     

    En Alsace, nous avons repoussé une attaque au sud-est du bois de Carspach, près d'Altkirch.
    Les Russes accusent une série de succès de la Courlande à la Strypa.
    Un article officieux de la Gazette de Cologne menace l'Amérique de la rupture.
    Le président du Conseil russe, M. Sturmer, parlant à la Douma après M. Sasonof, a dit, comme lui, que la Russie irait jusqu'au bout avec ses alliés. Le tsar, pour la première fois, venait au Parlement.
    ls ne reviendront pas de Verdun....
     
    DREVET Emile Joseph Jérémie (MPF)

     
  • AGERON Régis Jean au 2e RZ (MPF)
  • MONIER BERNARD Léonce Joseph au 247e RA (MPF)

  •  
    Vendredi 25 février
    L'attention se concentre toujours sur la bataille au nord de Verdun. On se bat avec violence sur les deux rives de la Meuse, et sur la rive droite jusqu'à Ornes. Nous avons évacué Brabant-sur-Meuse et nous nous sommes repliés au sud de Samogneux et d'Ornes, les mouvements de repli étant opérés avec une cohésion parfaite. Sur plusieurs points, les offensives allemandes tentées pour nous déloger sont demeurées impuissantes. L'ennemi a laissé partout des monceaux de cadavres. Notre artillerie riposte avec ténacité à l'artillerie adverse.

     
    En Artois, lutte de grenades à l'est de Souchez.
    En Champagne, nous avons exécuté une concentration de feux sur les organisations ennemies à l'ouest de Maison-de-Champagne et au sud de Sainte-Marie-à-Py.
    En Argonne, tirs de destruction sur les ouvrages allemands à la Fille-Morte.
    En Lorraine, nous avons chassé l'ennemi d'un de nos postes avancés du bois de Cheminet, et poursuivi une reconnaissance. Contact de patrouilles près de Reillon.
  • CHAMARD MILASSY Pierre Marius au 340e RI (MPF)
  • Deux généraux grecs ont visité notre camp de Salonique en compagnie du général Sarrail.
    Canonnade sur tout le front italien; les Autrichiens subissent un échec sur le Haut-Isonzo.
    Activité d'artillerie sur le front russe, spécialement dans le secteur Nord.
    Ils ne reviendront pas...
  • COLLEAT Auguste Elie.(MPF)
  • MELMOUX  Augustin Lucien (MPF)
  • ROZAND Émile Ernest à l'hôpital de Villeurbanne (69) (MPF)
  • Samedi 26 février
    En Champagne, nous avons attaqué et enlevé un saillant ennemi au sud de Sainte-Marie-à-Py. Nous avons fait 300 prisonniers, dont 16 sous-officiers et 5 officiers.
    En Argonne, à l'est de Vauquois, nous avons exécuté des tirs sur les ouvrages ennemis de la région de Cheppy et aussi au nord de la Harazée. Activité intermittente de l'artillerie entre Malancourt et la rive gauche de la Meuse.
    Au nord de Verdun, après nous être établis sur une ligne de résistance organisée en arrière de Beaumont, sur les hauteurs à l'est de Champneuville et au sud d'Ornes, nous avons repoussé de violentes attaques allemandes à gros effectifs sur la côte du Poivre et sur le bois de la Vauche. A l'ouest de la Meuse, canonnade, mais aucune action d'infanterie.
    Dans les Vosges, duel d'artillerie dans la vallée de la Fecht.
    Le torpillage du croiseur Le Provence II
    Le président Wilson combat les menées progermaines qui s'exercent dans les deux Chambres du Congrès de Washington. Il déclare qu'il mettra l'honneur au dessus de la paix.
    Les Russes ont obtenu un succés important en Perse, refoulant les Turcs vers Kermanchah, catitale du Kurdistan.
    Dans partie nord du secteur oriental, ils ont progressé contre les Allemands près de Dvinsk et de Tchartorysk.
    Un journal allemand avoue que les pertes turques furent énormes à Erzeroum.
    Ils n'en reviendront pas...
  • BLANC Félix Eugène
  • BLANCHET Joseph Alexandre
  • CHEYNET Marie Jules Casimir Noël
  • RICHARD Louis Pierre Etienne
  • RIONDET Alcée Fortuné
  • SAGE Jean Pierre André
  • STEHLY Henri
  • VEYET Joseph
  • Tous les sept morts lors du naufrage du Provence
    Dimanche 27 février
    Lutte de mines en Artois. Nous avons fait sauter deux fourneaux.
    En Champagne, nous repoussons une attaque de l'ennemi sur le saillant enlevé par nous au sud de Sainte-Marie-à-Py. Le nombre de nos prisonniers est au total de 340. Tirs de destruction sur les ouvrages allemands au nord de Ville-sur-Tourbe.
    Au nord de Verdun, le bombardement continue sans arrêt. Nos troupes ripostent par de vigoureuses contre-attaques aux offensives ennemies. Toutes les tentatives allemandes vers Champneuville et le Poivre ont été arrêtées. Après avoir perdu le fort de Douaumont que nos adversaires avaient occupé au prix de gros sacrifices, nous l'avons repris.
     
    Au nord-est de Saint-Mihiel, nous bombardons les hangars et les dépôts ennemis près de Vigneulles.
    Les Allemands ont tiré des obus de gros calibre sur Nancy et Lunéville.
    Un de nos plus héroïques aviateurs, l'adjudant Navarre a abattu, à Verdun, deux avions ennemi. Une de nos escadrilles a bombardé la gare de Metz-Sablons; une autre, Chambley, près de Pont-à-Mousson.
    Les Italiens, après avoir assuré l'évacuation de l'armée serbe, ont quitté Durazzo.
    Les Russes ont occupé de nouveaux points en Arménie et en Perse.
    Ils ne reviendront pas...
  • CHAUVE Joseph
  • LOUVAT Alphonse Ambroise
  • Lundi 28 lévrier
    Dans la région au nord de Verdun, nous avons continué à renforcer nos positions. Plusieurs attaques allemandes contre la ferme Haudromont (est de Poivre) et contre le bois d'Haudromont (est de Douaumont) ont échoué. Une autre attaque entre la hauteur de Douaumont et le plateau au nord de Vaux a également été repoussée. Les alentours de la position de Douaumont sont couverts de cadavres ennemis. Nos troupes enserrent des fractions allemandes qui ont pu y prendre pied et s'y maintiennent difficilement.
    La cote du Talon rendue intenable par le bombardement des deux artilleries, n'appartient à personne. En Woëvre, prise de contact de l'ennemi avec nos avant-postes, vers Blanzée et Moranville.
    Entre Soissons et Reims, nous opérons des tirs de destruction.
    Dans les Vosges, nous brisons un assaut au sud-est de Celles (vallée de la Plaine); nous dispersons un rassemblement allemand près de Senones. Duel d'artillerie à l'Hartmannswillerkopf; nous bombardons les dépôts de ravitaillement de Stosswhir (vallée de la Fecht).
     
    Le 22e RI fait mouvement vers Verdun

     
    Canonnade sur le front italien. Essad pacha est arrivé à Rome.
    De nouvelles séances tumultueuses ont eu lieu à la Chambre de Prusse.
    Ils ne reviendront pas...
  • AYMOZ Eugène François (MPF)
  • BONIN Emile Jean Marie (MPF)
  • LARGUET Jules Jean Baptiste (MPF)
  •  
  • Ils n'en reviendront pas...

    BOURGEON Auguste François (MPF)
    GENON-DUVERGER Émile Joseph (MPF)
    POTIN Ednnemond Antoine (MPF)
     
    Mardi 29 février
    En Champagne, l'ennemi a tenté un coup de main sur nos tranchées avancées.
    En Argonne, nos batteries lourdes et de campagne ont exécuté des tirs sur les voies d'accès de l'ennemi, en particulier vers le bois de Cheppy. Nous avons fait sauter à la cote 285 une mine dont nous avons occupé l'entonnoir.
    L'activité de l'artillerie est toujours très vive au nord de Verdun; elle ne s'est ralentie qu'à l'ouest de la Meuse. La côte du Poivre n'a pas été assaillie; le fort de Douaumont a été étroitement encerclé. Les attaques partielles entreprises de ce côté par les Allemands ont toutes été refoulées par nos feux d'artillerie et par nos contre-attaques. A l'ouest du fort de Douaumont, nos troupes ont engagé un combat corps à corps avec l'adversaire, qui a été rejeté d'une petite redoute où il s'était installé.
    Toute une série d'attaques en Woëvre, à Eix, à Fresnes, à Manheulles, à la cote 255, ont échoué. Notre artillerie se montre active en Lorraine.
    Les Anglais ont remporté un succès à la frontière d'Egypte.
    M. Take Jonesco révèle que les empires du Centre ont offert la Bessarabie à la Roumanie.
    La Gazette de l'Allemagne du Nord déclare que la guerre sous-marine, en dépit des protestations de M. Wilson, redoublera d'intensité à dater du ler mars.
     
     



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