Janvier 1915

 
1-2-3-4-5-6-7-8-9-10-11-12-13-14-15-16-17-18-19-20-21-22-23-24-25-26-27-28-29-30-31
Février 1915

   

Mardi 5 janvier

Notre artillerie prend un avantage marqué entre Oise et Aisne,en Champagne et sur les Hauts-de-Meuse; nous n'avons pas réussi à prendre Boureuilles, près de Montfaucon en Argonne, mais Steinbach, après un combat de plusieurs jours et livré pas à pas, nous appartient tout entier.
La flottille anglaise a bombardé Zeebrugge sur la mer du Nord.
Les Russes déclarent que la bataille des quatre rivières s'est terminée à leur avantage. Les Allemands se sont repliés; les Autrichichiens ont livré les débouchés de la Hongrie aux armées du tsar qui, cette fois, s'y répandent, méthodiquement.
On annonce que le général Potiorek qui fut écrasé par les Serbes à Valievo et à Ouchitsé le mois dernier, va être déféré à un conseil de guerre. Nombre de généraux sous ses ordres ont été relevés de leur commandement.
Trois navires de guerre italiens ont bombardé la ville de Durazzo, capitale de l'Albanie. Les insurgés albanais, aprés avoir refoulé les troupes d'Essad pacha, réclamaient qu'on leur livrât les ministres de France et Serbie.
Les cérémonies funèbres qui ont eu lieu à Rome en l'honneur de Bruno Garibaldi, mort sous notre drapeau, en Argonne, ont provoqué des démonstrations franco-italiennes très significatives.
L'agitation grandit contre les Allemands à Constantinople et le gouvernement turc, tombé sous la tutelle germanique, a mis ses archives en lieu sûr, sur le littoral d'Asie.
 

Mercredi 6 janvier

L'état du terrain n'empêche pas notre infanterie de progresser en face de Nieuport et de Saint-Georges, où nous gagnons plusieurs centaines de mètres et enlevons des éléments de tranchées.
A l'ouest de Lens, nous avons contraint l'ennemi à arrêter ses travaux de sape. Les Allemands ayant fait sauter et pris une de nos tranchées sur la route de Lille, nous l'avons immédiatement reprise.
Notre artillerie domine de plus en plus l'artillerie allemande en Champagne et sur les Hauts-de-Meuse.
Succès pour nous en Alsace, où nous avons pris un village près d'Orbey, au delà du col du Bonhomme. Notre grosse artillerie bat avec avantage les abords de Mulhouse. 
Les Russes ont forcé les Allemands en Pologne à modifier complètement leur dispositif de combat. Ils les ont repoussés près de Mlava; ils ont capturé un détachement d'Autrichiens au col d'Ujok dans les Carpathes. Si la terreur règne à Budapest, l'inquiètude sévit à Vienne que menace la famine.
L'armée russe du Caucase, après avoir infligé deux échecs aux Turcs à la frontière d'Arménie, leur a capturé tout un corps d'armée, celui d'Erzeroum (9eme corps) et en poursuit un autre (le 10eme), qui est en très mauvaise condition. Enver pacha est en fuite. L'auteur directement responsable de cette défaite,-il marchait avec les 9e et 10e corps - est le chef de la mission militaire allemande, le général Liman von Sanders.
Un second fils de Ricciotti Garibaldi a été tué dans nos rangs.

Jeudi 7 janvier

Les attaques ennemies sont repoussées dans les dunes de Nieuport et de Saint-Georges.
Nos batteries réduisent les batteries allemandes au silence dans la vallée de l'Aisne et dans le secteur de Reims. Notre infanterie a progressé d'une centaine de mètres au nord-ouest de cette ville.
Combats à notre avantage dans l'Argonne (bois de la Grurie, Fontaine-Madame, ravin de Courtechausse, où nous faisons sauter 800 mètres de tranchées) et aussi aux alentours de Pont-à-Mousson. Nous maintenons nos positions en Haute-Alsace et progressons même légèrement dans la direction d'Alltkirch.
L'armée russe de Galicie a conquis en totalité la Bukovine. L'armée russe du Caucase poursuivant le 10è corps turc, après la capture du 9e, l'a presque complètement anéanti.
Lors Kitchener, le ministre britannique, a expliqué la situation à la Chambre des lords et l'a présentée comme bonne sur tous les fronts.
Bruno Garibaldi a été inhumé à Rome au milieu d'un grand concours de population.
La Roumanie continuant ses préparatifs militaires a rappelé ses réservistes de l'étranger.
La persécution contre les Grecs, dans l'Asie Mineure se développe de jour en jour.
Guillaume II a décidé que son état-major et lui-même mangeraient désormais du pain de guerre, afin de donner l'exemple. La disette augmente en Allemagne.

Vendredi 8 janvier

Combats d'artillerie entre la mer et la Lys. Des avions allemands sont mis eu fuite à Dunkerque.
Aux abords de Lille une attaque ennemie est vigoureusement repoussée, et les ouvrages allemands sont démolis par nos ohus. Combats d'artillerie entre Somme et Aisne, en Argonne, à l'ouest et au nord de Verdun. Progression de nos troupes au nord-ouest de Flirey en Woëvre. A Steinbach (Haute-Alsace), nous conservons toutes nos positions; dans cette même région, à Watwiller et à Kolschlag, nous refoulons deux contre-attaques; nous arrivons à quatre kilomètres d'Alltkirch et l'ennemi se venge de notre cheminement en bombardant l'hôpital de Thann.
Le gouvernement français publie un rapport officiel sur les atrocités commises par les troupes allemandes dans les départements envahis. Ce rapport est un document qui voue à tout jamais nos adversaires à la honte et à l'exécration du monde.
L'état-major autrichien fait fortifier Vienne, comme si cette capitale était destinée à subir un siége prochain. Le désarroi règne d'ailleurs dans la ville, comme dans la capitale hongroise qui est encore plus directement menacée.
Plusieurs journaux de Rome annoncent que l'intervention italienne pourrait se produire à très bref délai. Ils relèvent des velléités d'agression de l'Autriche contre la Péninsule.
M.Sasonof, Ministre russe des Affaires étrangères, a fait une importante déclaration. Il indique que l'Italie risquerait d'intervenir trop tard si elle ajournait encore sa décision, et fait appel aussi à la Roumanie; il exprime le voeu que l'accord des Balkaniques se realise au plus tôt.
 

Ils ne reviendront pas...

  • BERLIOZ Édouard Auguste (MPF)
  • DUBOUCHEZ Paul Julien Alexandre (MPF)
  • JAILLET Pierre (MPF)
  • ROUX Louis Joseph (MPF)















 
  • BEY Joseph Daniel (MPF)
  • CHEVROLAT Jean Auguste (MPF)




















 
  • FOURNIER Joseph Maxime (MPF)
  • REVOL Maurice Eugène Louis au 140e (MPF)










 
  • BOUTEILLER Joseph Pierre (MPF)
  • DELAY François (MPF)
  • GUERRY Pierre Louis (MPF)
  • MEILLAND-REY Victorin (MPF)
  • RIBAUD Alexis Pierre (MPF)
 

Ils ne reviendront pas...

  • MOUNIER-POULAT Prosper Victorien Alexis (MPF)
  • NEGRI Angelo (MPF)
  • PELLET François (MPF)


















 
  • MEILLAND-REY Victorin Eugène (MPF)
  • SARRA Gabriel (MPF)

 

Samedi 9 janvier

Violente canonnade en Flandre et autour d'Arras; nous gagnons du terrain à Lombaertzyde, Saint-Georges et Steenstrate. Nous poussons également notre ligne en avant du côté de la Boisselle. Au nord de Soissons, nous enlevons une redoute et deux lignes de tranchées, et refoulons toutes les contre-attaques. Dans le secteur de Reims, nous faisons sauter un Blockhaus et nous avançons de 200 mètres; nous livrons, près de Bétheny, un violent combat qui coûte beaucoup plus cher à nos adversaires qu'à nous mêmes; entre Jonchery-sur-Suippe et Souain, nous bouleversons des tranchées allemandes. Les rencontres à la baïonnette se renouvellent dans l'Argonne, sans que notre front soit modifié. Nous acquérons des résultats importants en Haute-Asace; reprise du fameux mamelon 425 tout entier au-dessus de Thann; occupation de Burnhaupt-le-Haut; progression vers le Kahlberg et Pont-d'Aspach.
Les Russes ont pénétré en Transylvanie, et toutes les passes des Carpathes qui conduisent en Hongrie leur sont d'ailleurs maintenant ouvertes. Les autrichiens, dans leur bulletin officiel, reconnaissent nettement qu'ils ont dû battre en retraite devant la supériorité des forces qui leur sont opposées.
Lord Haldane, le grand chancelier anglais, a déclaré aux lords que le gouvemement britannique n'hésitetait pas a établir l'obligation du service militaire, si la nécessité s'en faisait sentir.
La Perse vient de lancer un ultimatum à la Turquie, à raison des empiétements que les troupes ottomanes ont accomplis sur son territoire.
Sept princes allemands ont déjà été tués au cours de la guerre.
L'Italie continue à réclamer satisfaction de la Porte au sujet de l'incident d'Hodeidah.
L'échec de M. de Bulow n'est plus nié par personne.

Dimanche 10 janvier

Succès français dansla région de Soupir, où nous enlevons un point culminant, que l'ennemi essaie vainement de reprendre par toute une série de contre-attaques. L'artillerie ennemie est réduite au silence au sud de Laon et de Craonne. A une attaque allemande, près de Perthes-les-Hurlus, nous ripostons par une autre offensive qui nous livre le village et l'une des hauteurs environnantes : de ce côté une étendue de 500 mètres a été gagnée.
Entre Reims et l'Argonne, notre artillerie inflige à nos adversaires des pertes sensibles. Progrès pour nous en Woëvre (Flirey, bois d'Ailly, bois le Prêtre). Nos positions sont maintenues à Cernay, en Haute-Alsace, mais les Allemands ont réoccupé Burnhaupt-le-Haut au prix de pertes considérables.
Sur le front oriental, les combats que Hindenburg a livrés en Pologne, au début de janvier, lui auraient coûté plus de 100.000 hommes en très peu de temps. L'objectif de Varsovie s'éloigne de plus en plus devant lui. Et une nouvelle classe russe, 1.200.000 hommes, est prête à rejoindre le front.
Un comité secret s'est constitué à Budapest pour préconiser l'indépendance de la Hongrie au prix d'une paix séparée avec la Russie, la Serbie et la Roumanie dont les préparatifs inquiètent les Magyars. A Trieste règne la disette.
On annonce que l'Italie va lancer un ultimatum à la Turquie, qui retarde toujours, en dépit de ses promesses, le règlement de l'incident d'Hodeidah.
Enver pacha a disparu et l'agitation grandit à Constantinople contre la tutelle teutonne.
Des signes de refroidissement sont notés entre Guillaume II et les souverains de l'Allemagne du Sud, mécontents des défaites subies et des pertes éprouvées par leurs contingents.
Essad pacha rentre dans Durazzo.
 
 

 :

 
 
 



Créer un site
Créer un site