Mardi 11 janvier
 
L'ennemi a développé en Champagne une violente attaque qui avait été préparée à l'aide d'un bombardement par obus à gaz suffocants. Durant la journée de dimanche et la nuit de dimanche à lundi, il a dirigé quatre actions successives sur un front de 8 kilomètres à l'ouest et à l'est de la butte du Mesnil. Il fut décimé et arrêté net par notre tir. Il fut chassé de la presque totalité des éléments de tranchées qu'il avait pu occuper.
En somme, cette affaire a été un échec complet pour lui. Elle a pris le caractère d'un assaut de grande envergure. Une brigade toute entière avait été lancée sur un seul point du front attaqué.
Sur les Hauts-de-Meuse, nous bombardons les positions ennemies du bois des Chevaliers. Nous avons ouvert de larges brèches dans les tranchées allemandes et provoqué des éboulements.
Les corps anglais ont évacué Gallipoli sans subir la moindre perte. 
Un cuirassé anglais, le King Edward VII a coulé sur une mine. Il n'y a pas de victimes.
Les Autrichiens ont pris aux Monténégrins Berana, près d'Ipek. Ils ont aussi capturé des positions sur le mont Lovcen, qui domine Cattaro d'un côté et Cettigné, de l'autre.
Le général Nixon abandonne le commandement de l'armée anglaise de Mésopotamie.
Les Turcs ont arrêté à Constantinople les fonctionnaires français et anglais restés dans les ambassades et consulats.
 
  • RIVET Léon au 87 RIT meurt de maladie (NMPF)
  • Sous-Marins alliés dans la mer de Marmara


    Le "E-12" en revient, le "Mariotte" y part,
    les Turcs veillent
     
    L'abandon de la presqu'île de Gallipoli n'empêche pas les sous-marins alliés de poursuivre leurs audacieuses et fructueuses croisières dans la mer de Marmara. Voici, en rade de Moudros, le sous-marin anglais "E-12" qui revient d'y passer quarante jours pendant lesquels il a coulé quatre steamers et trente-deux voiliers turcs et avarié des torpilleurs, puis le "Mariotte" quittant Lemnos pour remonter les Dardanelles. Les deux autres photos montrent les Turcs guettant nos sous-marins sur leurs transports.
     
    Activité de notre artillerie entre Somme et Oise. Un détachement ennemi qui tentait d'enlever un de nos postes dans le secteur d'Armancourt (région de Roye), a été repoussé.
    Entre Avre et Oise, nous avons décimé une forte reconnaissance ennemie près de Rebécourt; elle a laissé sur le terrain une dizaine de morts et des blessés.
    A l'ouest de Soissons, nous détruisons un dépôt de fusées aux environs d'Autrèches.
    Nos batteries causent des dégâts importants aux ouvrages ennemis dans le secteur de la Pompelle (sud-est de Reims).
    Duel d'artillerie en Champagne. Nom bombardons les tranchées allemandes entre le mont Têtu et la butte du Mesnil. Au sud de Saint-Souplet, nous faisons sauter deux blockhaus. En Argonne, nous détruisons un ouvrage allemand près de Vauquois.
    Nous avons abattu deux avions de chasse allemands près de Dixmude.
    Moindre activité sur le front russe et sur le front italien.
    Les Monténégrins disputent âprement aux Autrichiens les pentes de Lovcen.
    Succès anglais en Mésopotamie. Un gand combat reste toutefois engagé entre le général Vounghusband et les Turcs sur le Tigre, au sud de Kut-el-Amara.
    Le Reichstag a ouvert sa session et discuté la question du ravitaillement civil.
    Le change allemand, après une certaine reprise due à des procédés artificiels est retombé en suisse.
    Le grand-duc Georges de Russie est arrivé à Tokyo.
     
    Ils ne reviendront pas...
  • ARTHAUD Marcel Pierre (MPF)
  • LAVERLOCHERE Jean François (MPF)
  • LOMBARD Hélie Gabriel (MPF)
    BLANC Edouard Pierre (MPF)

    PELLAT Eugène (MPF)

  •  

    Les prisonniers MONNASON Auguste, DEVILLE Paul, PAILLET Paul sont évacués de CASSEL au camp de Münchenberg.
    Ce même jour, LACROIX Lucien est évacué du Camp de GOTTINGEN au camp de Müncheberg.

    Jeudi 13 janvier

    Deux hydravions allemands ont bombardé Dunkerque. Ils n'y ont fait que des dégâts insignifiants.
    Au nord de l'Aisne, nous avons, par nos canons de tranchée, bouleversé les ouvrages de l'adversaire à l'ouest de Soupir.
    En Champagne, nous avons bombardé éfficacement les tranchées allemandes au nord de Maison-de-Champagne et à l'est de la butte de Souain.
    En Argonne, les Allemands ont fait exploser à la cote 285 une mine qui a produit un entonnoir, pour la possession duquel une vive lutte s'est prolongée. Entre Argonne et Meuse, l'ennemi a tenté une attaque avec émission de gaz suffocants à Forges. Il n'a pu sortir de ses tranchées, arrêré par nos tirs de barrage.
    Sur les Hauts-de-Meuse (région de Calonne), nous avons provoqué une explosion et un incendie.
    Dans les Vosges (secteur de la Fecht) nous avons détruit deux ouvrages.
    Les Autrichiens se sont emparés du mont Lovcen, qui domine Cettigné. Le corps diplomatique a quitté la capitale du Monténégro.
    L'armée serbe va être envoyée dans l'île de Corfou pour se reconstituer. Un bataillon de chasseurs français y a déjà débarqué pour préparer les cantonnements. Notification a été faite à la Grèce.
    M. Asquith a conféré avec les délégués travaillistes afin de combattre l'idée fausse qu'ils se faisaient de ses intentions au sujet du service obligatoire.
    Ils ne reviendront pas...
  • BAYLE Pierre Léon (MPF)
  • CHAFFOIN Victor Henri (MPF)
  • DURAND Camille Joseph Dit Terasson (MPF)
  • EMPERAIRE Léon Gabriel Célestin (MPF)
  • GUELE Albert Lucien (MPF)
  • JAS Pierre François Louis (MPF)
  • PIOLAT Jean Felix (MPF)
  • VIRY Laurent André Delphin (MPF)
  • Vendredi 14 janvier

    En Artois, nous avons exécuté sur les positions de la route de Lille un bombardement violent qui a détruit des tranchées et des abris de l'ennemi.
    Entre Somme et Oise, une colonne allemande, évaluée à un régiment, a été prise sous notre feu, au moment où elle entrait dans Roye.
    Au nord de l'Aisne, nous avons endommagé un observatoire, des abris de mitrailleuses et réduit au silence une batterie allemande de 105 (plateau de Vauclerc).
    En Champagne, nos tirs de barrage ont arrêté net deux attaques à la grenade, l'un au nord de la butte du Mesnil, l'autre près de Maisons-de-Champagne.
    En Argonne, nous avons fait sauter plusieurs mines.
    Nos troupes de Salonique ont détruit des ponts de la ligne de Dedeagatch.
    Les Autrichiens auraient attaqué Cettigné.
    Les Allemands annoncent qu'un dépôt de munitions aurait sauté à Lille, faisant 110 victimes.
    Le gouvernement serbe rejoindra son armée à Corfou.
    Deux officiers superieurs suisses, les colonels Egli et de Wattenwyls, sont accusés d'incorrections graves au profit de l'Allemagne.
    L'archiviste de l'ambassade turque a été arrêté à Paris.
    La conscription a été voté en première lecture à la Chambre anglaise par 431 voix contre 39


     

    Samedi 15 janvier

    En Belgique, un tir de notre artillerie dirigé sur les ouvrages ennemis au nord de Steenstraete, a provoqué deux explosions.
    Au nord de l'Aisne, nous avons pris sous notre feu un convoi de ravitaillement au nord-est de Vailly.
    Au sud de Berry-au-Bac (cote 108) nous avons bouleversé des travaux de mines de l'adversaire.
    Nous avons dispersé une patrouille allemande au sud de la Somme (secteur de Lihons).
    En Champagne, nous avons canonné efficacement des troupes en mouvement dans les boyaux et tranchées de la butte du Mesnil.
    Entre Argonne et Meuse, nos pièces de gros calibre ont détruit un blockhaus près de Forges.
    Dans l'Adriatique, près de Cattaro, notre sous-marin Foucault, qui convoyait une flotille italienne, a coulé un croiseur autrichien du type Novare.
    Cettigné, capitale du Monténégro, est tombée aux mains des troupes Austro-Hongroises.
    L'attaque bulgaro-allemande sur Salonique semble à nouveau ajournée.
    Le bruit de la mort de Guillaume II continue à circuler : en sens inverse, les communiqués officieux allemands disent que le kaiser souffre d'une simple indisposition.
    L'Italie a pris la décision d'intervenir en faveur des Serbes et des Monténégrins.

    Le 15 janvier, devant Gorizia, les canons anti-aériens de nos alliés obligèrent un avion autrichien à atterir. C'était le biplan uniplace de bombardement 42,11, muni d'un moteur de 250 HP. Il vint se poser dans les lignes italiennes. Voici le pilote, indiqué par une croix. Il fume une cigarette que vient de lui offrir un officier italien. Au-dessous, l'avion qu'inspectent des officiers, puis deux bombes restées accrochées sous le fuselage et qui n'éclatèrent pas quand l'appareil prit contact avec le sol

     



    Le pilote prisonnier, l'inspection de l'appareil et les bombes sous le fuselage



     
    Dimanche 16 janvier

    En Champagne, notre artillerie a dispersé des travailleurs ennemis et pris sous son feu un convoi en marche sur la route d'Auberive à Saint-Soupplet.
    Echange de grenades à Vauquois, en Argonne. Canonnade un Woëvre.
    Un avion allemand a jeté des bombes sur un camp grec, faisant des victimes.
    Le chancelier allemand annonce que Guillaume II n'est pas alité, pour démentir le bruit qui avait couru de l'état critique du kaiser. Toutefois, la fête de l'empereur ne sera pas cèlébrée.
    Les Autrichiens n'ont fait aucun prisonier dans Cettigné, qui avait été évacué.
    Le communiqué officiel britannique annonce que l'ennemi déploie une grande activité autour du camp retranché de Salonique.
    Un contre-torpilleur italien a coulé un transport autrichien chargé de munitions, dans l'Adriatique.
    La presse suisse reclame toute la lumière sur les faits reprochés aux colonels Egli et de Wattenwyl.
    Les Etats-Unis vont faire procéder à l'arrestation de plusieurs milliers de marins allemands plus ou moins inculpés de complot.
    Le cardinal Mercier, primat de Belgique, est arrivé à Rome.
    Ils ne reviendront pas...
  • GERMAIN Jean Baptiste (MPF)
  • JALLIFIER Émile Jean Marie (MPF)
  • Lundi 17 janvier

    En Belgique, notre artillerie, de concert avec l'artillerie britannique a causé de graves dégâts aux tranchées ennemies de la région d'Hetsas et provoqué deux fortes explosions dans les lignes allemandes.
    Nos batteries ont opéré sur les abords de la route de lille (sud du Thelus) et fait sauter un dépôt de munitions. A la cote 119 (nord-est de Neuville-Saint-Vaast), une du nos mines a détruit un petit poste allemand.
    Lutte de bombes et de grenades dans l'Argonne (Vauquois).
    En Lorraine, notre feu a dispersé un rassemblement ennemi au nord-est de Badonviller.
     
    JANON Joseph Émile du 12e BCA meurt à Bussang (88)(MPF)
    MONNET Alexandre (MPF)
    La lutte a repris avec plus d'intensité sur le front italien. Par contre, l'accalmie continue sur le front russe.
    Les Anglais ont remporté un nouveau succès sur les Turcs en Mésopotamie.
    Une partie de la presse suisse attaque le généralissime helvétique, général Wille, à propos de l'affaire des deux inculpés d'espionnage.
    Le gouvernement serbe et les ministres alliés accrédités auprès de lui sont arrivés à Brindisi.
    Les Italiens repoussent près de Goritz une violente contre-attaque autrichienne.
    Mardi 18 janvier

    En Belgique, entre Westende et Middelkerke, notre artillerie à longue portée a tiré sur un rassemblement ennemi qui a subi des pertes appréciables.
    Deux avions ennemis visant Dunkerque ont été canonnés par nous et contraints de faire demi-tour. Ils ont lancé quatre bombes sur les dunes sans aucun résultat.
    Entre Somme et Aisne, nous avons canonné les tranchées allemandes d'Herbécourt et de Moulin-sous-Touvent.
    Au nord de l'Aisne, nous avons, par notre feu d'artillerie, causé de sérieux dommages aux organisations ennemies du plateau Vauclerc et de la ferme du Choléra (nord-ouest de Berry-au-Bac).
    Sur les Hauts-de-Meuse, nous avons bombardé à longue portée des entrepôts allemands près de Conflans-en-Jarnisy (sud de Briey).
    Les Anglais ont encore avancé en Mésopotamie on ils espèrent délivrer prochainement le général Townshend.
    Le roi du Montenegro a conclu un armistice avec l'Autriche. Cet armistice comporte la reddition de l'armée monténégrine.
    Le général Sarrail commandera en chef les forces alliées à Salonique.
    Le ministre des Finances d'Allemagne, M. Helfferich, a déclaré qu'il serait difficile à l'empire d'aller financièrement jusqu'au bout.
    L'Angleterre va resserrer le blocus contre l'Allemagne et le signifier régulièrement aux neutres.
  • CHAVASSE Émile Élie Adolphe
  • REVELLIN CLERC Marius Victor
  • Mercredi 19 janvier

    Entre Oise et Aisne, nos batteries ont bouleversé les tranchées allemandes de la région de Moulin-sous-Touvent.
    En Champagne et en Woëvre, activité de notre artillerie sur divers points sensibles du front ennemi.
    Nos avions ont fortement endommagé une batterie ennemie dans les Vosges, près de Metzeral.
     
    PERRUQUON Jean Joseph décéde à Epinal (88)
     
    Canonnade habituelle partout ailleurs.
    Les Russes ont largement progressé autour de Pinsk; ils tiennent toutes les collines qui couronnent la ville à l'est.
    Le mystère plane sur les conditions et les circonstances de la capitulation monténégrine. On se montre très sévère à Rome pour le roi Nicolas ler.
    On annonce que le kaiser, après avoir visité un hôpital de blessés, serait parti pour l'Allemagne du sud, où il devrait subir une opération.
    Le gouvernement serbe a quitté Brindisi pour se rendre à Corfou auprès de l'armée.
    Les Autrichiens ont subi de lourdes pertes sous Goritz.
    Des manifestations populaires importantes ont eu lieu dans la Suisse romande à propos des faits délictueux imputés aux colonels Egli et de Wattenwyl. Le public se montre de plus en plus irrité contre eux.
    Des avions autrichiens ont jeté des bombes sur Ancône.
    Jeudi 20 janvier

    Au sud de la Somme, (secteur de Lilions), notre tir a détruit un blockhaus ennemi.
    Entre Soissons et Reims, nos canons de tranchées ont causé des dégâts sérieux aux ouvrages ennemis de la région d'Ailles (ouest de Craonne).
    En Argonne (région de Courtes-Chausses), nous avons canonné des troupes en mouvement.
    En Lorraine, nous avons effectué un tir sur un groupe de maisons occupées par l'ennemi près d'Alincourt (ouest de Château-Salins). Deux appareils allemands ayant jeté des bombes sur Nancy, une escadrille française a été aussitôt bombarder les gares de Metz et d'Arnanville, où des bâtiments ont été détruits. 22 obus ont été lancés.
     
    GIRARD Louis Alexandre du 68e BCA décéde à Remiremont (88)

    Action d'artillerie sur tout le front belge.
    Les Italiens, par une série de contre-attaques, ont récupéré autour de Goritz toutes les tranchées précédemment perdues.
    Les négociations sont rompues entre le roi du Monténégro et l'Autriche, le cabinet de Vienne ayant formulé des conditions exorbitantes.
    M. Briand s'est rendu à Londres ainsi que l'amiral Lacaze et M. Sembat, pour conférer avec les ministres anglais.
     
     



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