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Jeudi 1er juin 1916

Sur la rive gauche de la Meuse, succession de violents combats.
L'ennemi, à la suite d'un bombardement de deux jours, a lancé des attaques concentriques et répétées, à gros effectifs, sur nos tranchées à l'est du Mort-Homme et de part et d'autre du village de Cumières. Il a été repoussé avec de grosses pertes. Toutefois, au sud du bois des Caurettes, nous avons dû évacuer notre tranchée de première ligne, nivelée par le bombardement.
Au sud de Cumières, nous avons d'abord été refoulés dans la direction de la station de Chattancourt, mais une vive contre-attaque de nos troupes nous a permis de ramener l'ennemi jusqu'aux abords du village. Les fractions allemandes qui à la faveur du brouillard, s'étaient glissées le long de la Meuse jusqu'à la tranchée de la station de Chattancourt, ont été anéanties par nos feux.
Ultérieurement, deux coups de main sur les pentes du Mort-Homme nous ont permis de faire 245 prisonniers.
Sur la rive droite de la Meuse, violente canonnade entre le fleuve et le fort de Vaux.
  • BALLY Jean Joseph Louis (MPF)
  • BATAILLON Benoît
  • BOIS Casimir Jean Pierre
En Alsace, l'ennemi nous a attaqués près de Seppois. Ses attaques ont été rejetées.
Les Italiens tiennent bon dans la vallée de l'Adige : ils ont cédé du terrain dans la région d'Asiago.
Les Bulgares ont occupé la gare de Demir-Hissar (Macédoine grecque). Entre cette ville et le lac Doiran, nous avons occupé Poroj. 

Ils ne survivent pas à leurs blessures
  • FUZAT Victor Augustin
  • PONTONNIER Jean

La journée au 5e RI

Le tir d’artillerie ennemie continue avec la même densité toute la nuit. Après une courte accalmie, il reprend à l’aube avec une violence inouïe ; c’est un véritable déluge de projectiles, dans l partie du front comprise entre le fort de Vaux et la ferme Thiaumont, transformant la position en un chaos informe, mettant hors service une partie des pièces de mitrailleuses et ensevelissant un grand nombre de défenseurs.
A 4h, une violente attaque se déclenche sur le front du régiment. La résistance est énergique et opiniâtre, mais par suite d’un fléchissement de la ligne à droite, dans le bois de la Caillette, le 3e bataillon puis le 1er bataillon sont tournés. Ils résistent héroïquement, au prix de terribles pertes, mais sont impuissants devant la masse ennemie qui progresse vers le Signal de la Caillette.
A ce moment, la 3e Cie et les sections de mitrailleuses de la 1e CM situées autour du JC du 2e Bataillon ouvrent un feu très nourri qui cloue sur place les tirailleurs ennemis et arrête net l’attaque.
En fin de journée, le régiment tenait toujours le point d’appui de la Ferme Thiaumont, les tranchées Moulin, Carré, Huver, Pierron, et la ligne s’infléchissait face à l’Est (Signal de la Caillette) et se reliait aux autres éléments de la DI par une compagnie du 119e  RI et un bataillon du 75e RI arrivé en renfort dans le courant de la journée.
 
Les pertes du jour 

Vendredi 2 juin

Sur la rive gauche de la Meuse, violent bombardement du bois d'Avocourt et du Mort-Hommme. Une attaque allemande qui s'était déclanchée sur nos positions des pentes est, a été complètement repoussée par nos feux.
Sur la rive droite, après une violente préparation d'artillerie, l'ennemi a attaqué nos positions depuis la ferme Thiaumont jusqu'à Vaux. Après plusieurs assauts infructueux, il a réussi à pénétrer dans nos tranchées de première ligne, entre le fort de Douaumont et l'étang de Vaux. Partout ailleurs ses attaques ont été brisées par nos feux de mitrailleuses, qui lui ont infligé de lourdes pertes.
  • CHALINEL Benoit au 133e RI (MPF)
  • CHARPENNE MONTAGNE Marius au 317e RI (MPF)
  • TONNERIEUX Henri Florentin au 38e RAC (MPF)
Une de nos escadrilles a lancé une vingtaine d'obus sur les gares de Thionville et d'Audun-le-Roman et sur le centre de ravitaillement d'Azannes.
Un groupe d'avions allemands a lancé plusieurs bombes sur la ville ouverte de Bar-le-Duc. 18 personnes de la population civile ont été tuées, dont deux femmes et quatre enfants ; 25 blessées, dont six femmes et onze enfants. Un aviatik, attaqué par un de nos avions, a été contraint d'atterrir dans nos lignes, au sud de Benicourt (région de Toul) ; les deux aviateurs ennemis ont été faits prisonniers.
Les Italiens demeurent maîtres de la situation aux deux ailes de leur front. Ils ont infligé un échec aux Autrichiens à Posina, au sud-ouest d'Arsiero, mais l'avance autrichienne a continué dans le secteur d'Asiago.

Le vendredi 9 juin 1916


Dans l'Argonne, lutte de mines à notre avantage à la Haute-Chevauchée.
Sur la rive gauche de la Meuse, activité d'artillerie très intense dans le secteur de la cote 304 et la région de Chatttancourt.
Sur la rive droite, la garnison du fort de Vaux, arrivée à la limite de ses forces, n'a pu tenir plus longtemps. Mais nous restons aux abords immédiats de la position.
L'ennemi, après un violent bombardement, a dirigé des attaques successives sur nos positions à l'ouest et à l'est de la ferme Thiaumont. Toutes ces attaques ont échoué sur nos tirs de barrage et nos feux de mitrailleuses.
Canonnade violente à l'ouest de Pont-à-Mousson et dans la région de l'Hartmannswillerkopf.
Les combats entre Anglais et Allemands, autour d'Ypres, ont pris une grande intensité.
Les Italiens ont repoussé une série d'attaques autrichiennes sur le plateau des Sept-Communes, en infligeant à l'ennemi d'énormes pertes.
Les Russes ont occupé Loutsk, l'ancienne capitale de la Volhynie, en faisant 11000 prisonniers.
Les Allemands avouent avoir perdu, dans la bataille navale du Jutland, le croiseur de bataille Lutzow et le croiseur protégé Rostock.
 
Ils ne reviendront pas...
  • CHABERT Joseph (MPF)