Les poilus de l'Isère en juin 1917 à l'arrière comme au front

MAI 1917 - JUILLET 1917
 
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Vendredi 1er juin
Actions d'artillerie au sud de Saint-Quentin et sur le chemin des Dames, au nord de Jouy, vers Cerny et Hurtebise, où ont eu lieu également de nombreuses rencontres de patrouilles.
En Champagne, l'ennemi a tenté, sur plusieurs points de notre front, de vives attaques précédées de bombardements violents par obus toxiques et de gros calibres. Au nord-ouest d'Auberive et sur le mont Blond, toutes les tentatives ont été arrêtées par nos feux. L'effort des Allemands s'est porté particulièrement sur nos positions du Téton, du Casque et du mont Haut, qu'ils ont attaquées à quatre reprises différentes avec un extrême acharnement. La lutte qui a commencé à 2 heures du matin, s'est prolongée jusqu'au jour. Brisées par nos feux ou refoulées à la baïonnette, les vagues d'assaut ennemies ont dû chaque fois refluer en désordre vers leurs tranchées de départ, après avoir subi des pertes élevées. Sur un seul point du front attaqué, au nord-est du mont Haut, des fractions ennemis ont pris pied dans quelques éléments avancés. Nous avons capturé des prisonniers.
Les Anglais ont repoussé un raid allemand au sud d'Armentières et fait un certain nombre de prisonniers. Activité d'artillerie sur la rive droite de la Scarpe.
Samedi 2 juin
L'artillerie ennemie, contre-battue par la nôtre, a bombardé nos premières lignes au nord du moulin de Laffaux. Une attaque allemande dans cette région a pu prendre pied en quelques points de notre tranchée avancée. Nos contre-attaques ont réussi à rejeter l'ennemi de la majeure partie des éléments qu'il avait occupés.
La lutte d'artillerie s'est poursuivie dans plusieurs secteurs du front.
Une tentative d'attaque sur nos positions du Casque a valu des pertes aux assaillants sans leur donner aucun résultat. L'ennemi a laissé entre nos mains une vingtaine de prisonniers. Nous avons enlevé un poste ennemi au sud de Chevreux et fait des prisonniers.
Du 17 au 31 mai, trente-deux avions allemands ont été complètement détruits sur notre front; cinquante-sept autres ont été sérieusement touchés.
Les Autrichiens ont échoué dans une violente attaque qu'ils ont tentée sur le Vodice, dans le Carso. Ils ont subi de lourdes pertes et laissé des prisonniers aux mains des Italiens.
Les Russes ont repoussé deux compagnies turques sur le front du Caucase.
La situation est devenue critique en Chine, où les gouverneurs de certaines provinces ont pris position contre le Parlement.
Dimanche 3 juin
Activité des deux artilleries dans la région au nord de Laffaux vers Hurtebise et sur le plateau de Californie et de Craonne.
Depuis le 16 avril, le nombre des prisonniers faits par les troupes franco-anglaises sur le front occidental dépasse 52.000 dont plus de 1000 officiers. Parmi l'énorme matériel pris sur l'ennemi pendant ce même laps de temps se trouvent 446 canons lourds et de campagne, un millier de mitrailleuses et un chiffre considérable de canons de tranchées.
Cinq avions allemands sont tombés en flammes ou se sont écrasés sur le sol à la suite de combats avec nos pilotes.
Sur le front d'Orient, dans la région de Lumnica, l'ennemi avait réussi à prendre pied momentanément dans un élément de nos tranchées : il en a été rejeté.
M. Isvolski, ambassadeur russe à Paris, a démissionné.
Lundi 4 juin
Le bombardement ennemi s'est étendu autour de Craonne et a continué pendant la nuit avec une extrême violence sur tout le front des plateaux de Vauclerc et de Californie. Les Allemands ont déclenché cinq attaques successives à gros effectifs dont trois sur la partie est du plateau de Californie et deux sur la partie ouest et sur le plateau de Vauclerc. L'ennemi a été partout repoussé; ses pertes ont été importantes, notamment dans la région est de Californie, où les détachements d'assaut de l'adversaire, disloqués par nos feux, ont laissé un grand nombre de cadavres devant nos tranchées. Un certain nombre de prisonniers sont restés entre nos mains.
Des coups de main ennemis en Champagne, vers Bezonvaux et dans les Vosges, au sud du col de Sainte-Marie, ont échoué.
L'artillerie allemande a bombardé le front belge au nord de Dixmude. Des bombes ont été jetées par nos alliés sur la gare de Wysweewe.
Les troupes britanniques ont attaqué les positions ennemis au Sud de la Souchez. Elles ont effectué une avance satisfaisante et ont fait un certain nombre de prisonniers. Une attaque allemande a été repoussée sur le front de Cherisy. Nos alliés ont réussi un coup de main près d'Ypres.
On dément l'imminence d'une crise ministérielle en Espagne.
Mardi 5 juin
La lutte d'artillerie est devenue violente au nord-ouest de la ferme Froidmont. Une attaque ennemie, déclenchée sur un saillant de notre ligne, a réussi à prendre pied dans quelques tranchées avancées. Sur le front des plateaux de Vauclerc et de Californie, après leur sanglant échec de la veille, les Allemands n'ont pas renouvelé leur tentative et se sont bornés à réagir sur nos positions par un bombardement assez vif.
En Champagne, nous avons exécuté un coup de main sur les tranchées adverses à l'est du Téton. Nous avons pris trois mitrailleuses et fait des prisonniers.
Le combat au sud de la Souchez a continué sur le front britannique. L'ennemi, après avoir subi de lourdes pertes, a réussi à lancer un certain nombre de violentes contre-attaques qui ont obligé nos alliés à évacuer le terrain conquis. Ils ont fait 92 prisonniers. Ils ont fait d'autres prisonniers à l'est de Laventie et au sud de Wytschaete. Ils ont abattu quatre avions allemands.
Sur les pentes du San Marco, l'ennemi a réussi à pénétrer dans quelques éléments avancés. Il a été ensuite repoussé jusqu'à ses positions de départ, en laissant 82 prisonniers.
Les avions italiens ont bombardé des rassemblements ennemis à Santa Lucia di Tolmino et à Chiapovano.
Mercredi 6 juin
Bombardement assez violent de part et d'autre, dans la région de Braye-en-Laonnois. Au cours de la nuit, une vive attaque de nos troupes nous a rendu des éléments de tranchées où l'ennemi avait pris pied au nord-ouest de la ferme Froidmont.
Lutte d'artillerie intermittente en Champagne, plus active vers le front Cornillet et sur le Casque. Divers coups de main ennemis sur nos postes, entre Tahure et Auberive, ont échoué.
En représailles des bombardements effectués par l'ennemi sur la ville ouverte de Bar-le-Duc, les 29 et 30 mai, 7 de nos avions ont survolé la ville de Trèves, sur laquelle ils ont jeté 1000 kilos de projectiles.
Nos escadrilles ont copieusement arrosé de projectiles les terrains d'aviation ennemis de Morhanges, de Habsheim, de Frescati et de Sissonnes; 16.500 kilos d'obus ont été jetés sur les baraquements, qui ont subi des dommages importants. D'autres escadrilles ont bombardé la gare de Lumes (Ardennes), les dépôts de munitions de Warmériwille, les gares et dépôts de la région de Laon. Il y a lieu de citer encore le bombardement de l'aérodrome de Colmar, des gares de Thionville et de Dun-sur-Meuse.
Les Anglais ont repoussé des raids au sud-est de Lens et au sud d'Armentières.
Le général Broussilof remplace le général Alexeief à la tête de l'armée russe.
Jeudi 7 Juin..début de la bataille de Messines
Durant la dernière nuit, lutte d'artillerie d'une grande intensité à l'est de Vauxaillon, au nord du moulin de Laffaux, et sur toute la région au nord-ouest de Braye-en-Laonnois.
Vers Hurtebise, après un vif bombardement, les Allemands lancèrent deux vagues d'assaut sur nos positions au nord-est du Monument. Les assaillants ont été rejetés dans leurs tranchées de départ, après un combat violent où nos soldats ont infligé de fortes pertes a l'ennemi. Notre ligne a été intégralement maintenue.
Dans la matinée, les Allemands ont prononcé d'autres attaques entre l'Ailette et la route de Laon et au nord-ouest de Braye-en-Laonnois. Deux tentatives sur le bois du Mortier, au nord de Vauxaillon, ont été brisées immédiatement.
Les Allemands ont concentré leurs efforts au nord du chemin des Dames où ils ont attaqué sur le front le Panthéon-ferme la Royère. L'attaque ennemie a été repoussée dans son ensemble et n'a pu aborder nos lignes qu'en un seul point, au sud de Filain, dans notre saillant des Bovettes.
Les Anglais ont effectué une légère avance au sud de la Souchez. Ils ont occupé l'usine électrique de cette région.
Ils ont fait 75 prisonniers près d'Ypres.
Au cours d'un combat naval, une de leurs flottilles, a coulé un destroyer allemand.
Un raid d'avions allemands a eu lieu à l'estuaire de la Tamise. Deux des appareils ont été abattus.
Des bâtiments de guerre américains ont mouillé sur nos côtes.
Vendredi 8 juin
Dans la région au nord-ouest de Saint-Quentin, un fort parti d'Allemands a tenté vers minuit l'attaque de nos lignes sur un front de 600 mètres. Nos feux, déclenchés avec violence et précision, ont arrêté net cette tentative. Les assaillants, fortement éprouvés, sont immédiatement rentrés dans leurs tranchées de départ.
Au nord du chemin des Dames, l'activité des deux artilleries se maintient très vive sur le front, au sud de Filain.
En Haute-Alsace, un coup de main ennemi, à l'ouest de Bisel, a été aisément repoussé.
Les troupes britanniques ont attaqué les positions allemandes de 1a crête Messines-Wytschaete, sur un front de plus de 15 kilomètres. Elles ont enlevé partout les premiers objectifs; elles continuent à progresser sur tout le front.
De très nombreux prisonniers ont été annoncés dans les centres de rassemblement.
Les Italiens ont encore maîtrisé une succession d'assauts autrichiens sur le front du Carso.
Un sous-marin allemand a été coulé par un navire de commerce américain.
La situation est devenue très critique en Espagne.
Samedi 9 juin
Activité très vive d'artillerie sur le chemin des Dames, notamment dans le secteur de Cerny et au sud de Filain. L'ennemi n'a pas renouvelé ses tentatives d'attaque sur cette partie du front.
Les Anglais ont fait 5000 prisonniers sur la ligne Wytschaete-Messines qu'ils ont enlevée. Leur communiqué atteste que la position était particulièrement importante, et que les troupes allemandes n'ont pas été surprises. Elles avaient formidablement aménagé le terrain et des pièces de tout calibre avaient été disposées pour battre le front et les flancs de l'attaque. L'assaut fut donné en stricte conformité avec l'horaire établi. A 3 h. 10 du matin, 19 puissantes mines explosaient à la fois, puis, en quelques minutes, le système de première ligne était occupé. Les troupes se portaient ensuite vers les pentes ouest de la crête de Messines-Wytschaete. Peu après, la totalité du village de Messines tombait entre leurs mains et avant midi, elles achevaient la conquête de Wytschaete. La seconde position était enfin enlevée. Oottaverne était pris à 3 h 45 de l'après-midi. Les pertes ennemies sont énormes; les pertes britanniques, légères.
Le général Gourko, qui avait été désigné pour succéder à Broussilof, dans le secteur sud du front russe, a donné sa démission.
Le généra1 américain Pershing est arrivé à Londres.

Dimanche 10 juin
Nos batteries se sont montrées très actives dans la région au nord de Saint-Quentin.
Sur le chemin des Dames, les Allemands ont renouvelé leurs tentatives en divers points du front, depuis le sud de Filain jusqu'a l'est de Cerny, tandis que la lutte d'artillerie se poursuivait avec violence. Quatre attaques successives sur une de nos tranchées ont été brisées et dispersées au nord-est de Cerny. Deux coups de main au nord de la ferme Froidmont ont eu le même échec. L'ennemi a subi des pertes sensibles.
Les Allemands ont encore été repoussés au sud-est de Corbeny, au sud de Courcy et au bois des Chevaliers.
Les Anglais ont élevé le chiffre de leurs prisonniers à 6400 sur le front Messines-Wytschaete. Les Allemands ont lançé une puissante contre-attaque sur une largeur de 10 kilomètres entre Saint-Yves et le canal d'Ypres à Commines. Elle a totalement échoué. La lutte a été particulièrement vive à l'est de Messines et vers Klein-Zillebeke.
Plus au sud, nos alliés ont opéré avec succès du sud de Lens à la Bassée.
Au sud de la Souchez, ils ont pénétré jusqu'à plus de 800 mètres de profondeur, dans les lignes allemandes sur un front de 3500.
Les Italiens ont repoussé une offensive autrichienne sur le Carso.
C'est le comte Esterhazy qui est maintenant chargé de former le cabinet hongrois.

 
 
 



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