Conscrits et Engagés

Les Conseils de Revision

A vingt ans, tout Français doit le service militaire, si son état physique le lui permet.

Les instructions du 20 octobre et du 29 décembre 1905 règlent les conditions générales du recensement et de l'inscription des conscrits.

En temps de paix, les conseils de revision siègent dans chaque chef-lieu de canton une fois par an, d'ordinaire au printemps. Nous continuons à donner ce nom aux jeunes appelés bien que le tirage au sort n'existe plus.

Dans chaque commune, les tableaux de recensement sont publiés et affichés le premier et deuxième dimanche de janvier, même les années où le 1er janvier tombe un dimanche.

Ces tableaux portent les noms de tous les jeunes gens en âge de figurer dans la classe et dont les parents habitent la commune. Cet usage de ne faire figurer sur les tableaux de recensement que les jeunes gens dont la famille est domiciliée dans la commune et non tous ceux qui vingt ans auparavant y sont nés, a donné lieu à des omissions. Il serait surprenant qu'il en fût autrement et s'il fallait prendre pour base de l'inscription, non le domicile, mais la naissance, on devine à quelles erreurs on se trouverait  donner lieu et que de morts se trouveraient inscrits.
 

Le 20 janvier au plus tard, les maires transmettent états communaux et notices individuelles aux sous-préfets qui sont chargés de la confection des tableaux cantonaux.

En temps de guerre, il a fallu procéder plus rapidement.

D'octobre 1914 à juillet 1915, les conseils de revision ont visité les classes 1915, 1916, 1917, ces deux dernières par anticipation. Ils ont vitité également en décembre, à la suite d'un décret spécial, les exemptés et les réformés. La composition des conseils de revision a été simplifiée. En certains arrondissements, le sous-préfet a remplacé le préfet comme président du conseil; partout l'intendant, qui siégeait à côté de ce jury, a été supprimé.

On a visité jusqu'à trois cantons en un seul jour, ce qui est une dérogation à l'article 17 de la loi de 1905. Dérogation prévue par la loi pour le cas de mobilisation.

En 1914 et 1915, les conseils de revision se sont composés uniquement du préfet ou du secrétaire général ou du sous-préfet, d'un général ou d'un autre officier, d'un conseiller de préfecture, d'un conseiller général et d'un conseiller d'arrondissement (ces deux derniers ne peuvent jamais être les conseillers élus dans le canton où siège le conseil de revision).

Le commandant de recrutement assiste aux séances et, sur un état cantonal qui est la copie de celui que lient le président et qui lui a été remis par le sous préfet, il note en même temps que le président les décisions du conseil de revision. A la fin de la séance, il collationne avec le président ces mêmes décisions.

Les hommes doivent se présenter entièrement nus. La salle doit être chauffée à 15 degrés centigrades minimum. Les hommes doivent être propres.

Deux médecins militaires procèdent à l'examen de chaque conscrit, chaque fois qu'il y a plus de 100 inscrits. S'il y en a moins de 100 un seul médecin suffit. Leur examen est suivi d'une proposition verbale à haute voix que le conseil adopte presque toujours.

Enfin, contrairement aux usages de temps de paix, des contingents entiers ont été versés dans l'infanterie, et on n'a guère désigné de conscrits pour les cuirassiers ou les chasseurs d'Afrique.

 

Les Petits Secrets du Conseil de Revision

Le conseil de revision prononce l'ajournement, l'incorporation dans le service armé ou dans les services auxiliaires, enfin, l’exemption.

Il arrive souvent qu'à la sortie du conseil de revision, on entend cette phrase:

— Le major ne m'a pas regardé, et pourtant il m'a ajourné. Ce n'est pas juste. Comment peut-il savoir si je ne suis pas aussi bien portant que B... qui a été reconnu « bon pour le service armé »?

Cela est exact, cependant. Il n'est pas besoin au major d'examiner de près un conscrit pour l'ajourner. Pour l'exempter, c'est une autre affaire et, dans ce cas, il faut un minutieux examen. En effet, un jeune homme, sans aucune maladie, peut être ajourné pour faiblesse. La faiblesse est la principale des raisons d'ajournement, sinon la seule. Un conscrit est jugé trop faible lorsque l'indice est, en moyenne, supérieur à 30. On ajourne souvent à 27. On en verra plus loin la raison.

L'indice! Ce mot semble mystérieux et il s'échange sans cesse entre le préfet, le général et l'officier de recrutement. Quelle est sa signification?

L'indice est le rapport entre la taille, le poids et le périmètre thoracique du conscrit.

Par exemple. Monsieur X... pèse 59 kilos, mesure 1m50 de taille et 0m86 de périmètre thoracique. Il a l'indice 14 et peut faire un bon soldat s'il ne lui est pas trouvé de maladies ou d'autres infirmités, par ailleurs.

Par contre, le jeune Y... pèse 60 kilos, mesure 1m78 et à 0m70 de tour de poitrine, soit indice 42. Il faut l'ajourner.

On calcule l'indice en prenant: 1 la différence entre le chiffre du poids compté en kilogrammes et le chiffre des centimètres au-dessus du mètre de la taille.

Par exemple X... mesure 1m50 et pèse 59 kilos. La différence entre 59 et 59=0. Pour Y... (78 —60=18) elle est de 18.

2 Au premier résultat obtenu, on additionne la différence entre le nombre idéal 100 et le chiffre du périmètre thoracique.

Ainsi pour X... on a: 100 — 86= 14. PourY...: 100—76 = 24. Cette différence ajoutée à celle de la première opération donne: Pour X...: 0+14 = indice 14. PourY...: 18+24 = indice 42. Un homme normalement constitué doit avoir le moins d'écart possible entre le chiffre en kilogrammes de son poids et le nombre de centimètres (en plus d'un mètre) de sa taille.

Le type idéal serait Z...: Poids: 75 kilos. Taille: 1m75. Périmètre: 100. Indice: 0

Cependant l'homme qui, pour cette taille pèserait quelques kilos en plus serait encore plus solide. Or, avant de passer devant le major, les conscrits sont pesés et passés sous la toise, les chifres de la taille et du poids sont proclamés par le sergent de recrutement ou le gendarme et inscrits sur une fiche remise au futur soldat. D'autre part, un médecin ayant un peu d'expérience a vite fait de mesurer de l'œil le périmètre de l'homme placé devant lui. Rien de surprenant à ce qu'il le renvoie parfois sans plus ample examen:

— Ajourné, faiblesse!

En effet, le nommé Y... arrive devant le major, précédé des chiffres de son poids et de sa taille: 60 kilos et 1m78. Il y a déjà une différence de 18. Le major voit bien que l'homme n'a pas 80 de tour de poitrine. Donc l'indice est supérieur à 30. Il est inutile de prolonger l'examen.

Il arrive souvent que pour un jeune homme très grand on exige moins d'écart proportionnel entre le poids et la taille: on exige surtout un fort périmètre thoracique. Dans ces cas, on ajourne à 28, 27, 26 même d'indice.

On peut trouver sur le site d'Arnaud Carrobbi, le parcours du combattant de la guerre 1914-1918, tous les éléments concernant les opérations de recensement et le conseil de révision
 

La Santé du Conscrit

Mais la robustesse ou la faiblesse de constitution sont seules appréciées par l'indice. L'état de santé reste inconnu. On peut jouir d'un magnifique indice et être impropre au service pour cause de maladie ou d'infirmité.

En août 1914, a été revisée une instruction détaillée qui mentionne toutes les déformations, les tares, les infirmités considérées dans leur rapport avec les nécessités de la vie militaire. Chaque major la possède.

Il ne peut y avoir aucun arbitraire dans les décisions d'un médecin-major.

Parfois, certains cas d'exemption ne gênent en rien un homme dans la vie ordinaire: par exemple, une déformation du pied entraînant le port de chaussures spéciales n'est pas compatible avec le service armé.

On devine aisément pour quelles convenances sociales on ne mentionne pas à haute voix les maladies telles que tuberculoses pulmonaires, tuberculoses osseuses. On emploie une périphrase ou une abréviation.

D'habitude on annonce son exemption à un sourd, à voix basse. Il s'est trouvé des simulateurs pour s'y laisser prendre et répondre:

— Merci! — ce qui leur attire la réplique:

— Bon pour le service armé.

Enfin, le public ignore généralement que la laideur est un motif d'exemption (lorsqu'elle exposerait le soldat à être en butte à des railleries ou de méchantes plaisanteries de ses camarades).

Donc, il faut en conclure que tous les soldats français sont beaux.

Les tatouages du visage peuvent être un cas d'exemption quand ils sont étendus, mais si le conscrit les était fait faire, en vue de son exemption, il risquerait des peines graves.

En janvier 1915, à M.....E...B..., le conseil de revision avait à examiner un jeune homme tatoué de la tête aux pieds. Il avait une fleur sur chaque orteil, un vaisseau à voiles déployées dans le dos, une femme en toilette de soirée sur la poitrine, un œil sur chacune des parties les plus charnues de sa personne, des lions sur les cuisses, des devises sur les bras et la Marseillaise avec tous ses couplets sur les reins et les mollets. Le major remarqua:

— Il n'y a plus de place!

L'homme se redressa, fièrement (c'était un réformé des bataillons d'Afrique):

— Pardon, il y a place pour une balle!

Sur cette belle réponse, on le reprit. La balle, il l'a reçue à Carency et a aujourd'hui la croix de guerre.

 

Injuste Défiance

Il n'y a pas bien longtemps encore, un sous-préfet reçut la visite d'un fermier de son arrondissement.

— Monsieur le sous-préfet, on est « monté » contre mon fils, chez nous. On l'accuse de s'être fait « pistonner » pour ne pas être pris bon pour le service, par un américain, M. Edison.

— Tiens! Qu'est-ce que c'est que cet Américain?

— Je ne sais pas. Mais tout le monde a entendu le major dire qu'il réformait mon fils à cause de M. Edison.

— Je vais consulter le registre cantonnal.

Le sous-préfet lut, en face du nom du conscrit: Exempté: maladie d'Addison.

Comment expliquer au père ce qu'était cette maladie?

Le sous-préfet s'en tire par une plaisanterie:

— Répondez aux gens que votre fils a la même maladie que M. Edison: une maladie de la parole. C'est pour ça que ce Monsieur a inventé le phonographe!

Cette anecdote, absolument authentique, prouve une fois de plus que des personnes de très bonne foi peuvent mal entendre ou mal comprendre les appréciations du médecin-major et expliquent ainsi, par des « protections » et des « pistonnages » de pure fantaisie, l'exemption ou la réforme de tel ou tel individu.

Il convient de faire une distinction entre les mots exemption et réforme. En effet, le conseil de revision, composé d'un préfet, d'un conseiller de préfecture, d'un conseiller général, d'un conseiller d'arrondissement, d'un officier supérieur ou d'un général et d'un intendant militaire en temps de paix, prononce seul I'EXEMPTION sur l'avis d'un ou de deux médecins-majors en présence des maires des communes auxquelles appartiennent les conscrits.

La RÉFORME est prononcée au corps, par une commission exclusivement militaire, sans contrôle civil. L'exempté n'a pas de livret militaire, le réformé en possède un.

Bien que beaucoup de gens mal informés prétendent que « la faveur » siège au conseil de revision, cela est absolument faux et impossible pour les raisons suivantes. D'où viendrait-elle? Pas du préfet qui risquerait son poste et tout au moins compromettrait son autorité. Pas non plus des conseillers généraux et d'arrondissement: ils sont entourés par les maires qui les observent et dont la moindre manifestation de faveur envers tel ou tel conscrit soulèverait la colère jalouse. Quand au général, il ne connaît personne, d'ordinaire, dans la région.

D'ailleurs le verdict des médecins militaires prime toute autre considération et le conseil se borne surtout à enregistrer leur avis, sauf dans les cas de myopie, de claudication de surdité, où chaque membre du conseil de revision peut avoir une opinion différente. Pour les cas graves de surdité, d'idiotie, etc., des dossiers d'enquête ont été établis à l'avance par la gendarmerie.

Il n'y a guère qu'un genre de maladie qui pourrait prêter à la fraude; ce sont les affections cardiaques, les palpitations, l'hypertrophie du cœur, l'insuffisance mitrale, toutes choses qui ne peuvent être appréciées que par l'oreille exercée d'un médecin. Celui ci pourrait se tromper ou pourrait avoir intérêt à se tromper. Aussi, ne décide-t- il jamais seul. Un deuxième médecin lui est adjoint.

A moins qu'il ne présente un autre cas d'exemption, un cardiaque est toujours ausculté par les deux médecins présents.

On n'admet pas dans le service armé les hommes souffrant de varices remontantes ou d'ulcères variqueux.

Au contraire, les varices non volumineuses sont compatibles avec le service armé.

La tuberculose sous toutes ses formes motive l'exemption. Il arrive souvent, par exemple, que des hommes qui avaient été exemptés à vingt ans pour râles du sommet soient parvenus à l'âge de quarante ans et se soient guéris: on les a déclarés alors bons pour le service, comme il s'en est trouvé en décembre 1914 à la visite des exemptés et réformés. Par contre, s'il y a une simple trace ou soupçon de tuberculose chez un conscrit de dix-huit à vingt ans on l'exempte ou, tout au moins, on l'ajourne. Il serait criminel, et chacun le comprend aisément, d'envoyer dans les tranchées un homme dont on risquerait de compromettre irrémédiablement la santé tout en atteignant celle de ses camarades, par contagion. La myopie supérieure à 7 dioptries et ne pouvant pas être corrigée entraîne le service auxiliaire. L'exemption est rarement entraînée par elle, sauf lorsqu'elle est compliquée de lésions choroïdiennes ou quand des verres sont insuffisants pour ramener la vue au quart de la vision normale.

L'exemption est entraînée par l’ostéo-myélite, par l'épilepsie, la neurasthénie, le diabète, l'albuminurie, la gibbosité, le nanisme et autres difformités.

La hernie qui peut être contenue par un bandage est compatible avec le service armé.

 

Et les Champions Mondains Exemptes?

On s'est, à plusieurs reprises, indigné de ce que des champions de boxe, de tennis ou d'escrime aient été versés dans le service auxiliaire. C'est un tort: il y a beaucoup de champions qui sont tuberculeux.

J'en connais un qui, après avoir obtenu de faire campagne, a été évacué huit jours plus tard dans un hôpital à cause de ses crachements de sang.

Autre chose est de se livrer à une séance de sport, suivie d'une douche, d'un massage, d'un repas réconfortant et d'un long repos et de rester des mois dans l'humidité des tranchées avec une alimentation peu variée, un sommeil toujours interrompu. Un brave paysan endurci depuis l’enfance sera plus résistant que bien des champions.

D'ailleurs, combien de champions se sont livrés au sport pour se sauver d'une maladie à ses débuts. Lorsque le sport devient du surmenage physique, la maladie a tôt fait de réapparaître.

Autrefois, au dessous de 1m53 aucun homme n'était reconnu bon pour faire un soldat. Cette limite de 1m53, était jadis de 1m6o. Or, maintenant, il n'y'a plus de limite de taille.

Il y a une classe d'exemptés pour infantilisme dans laquelle on range tous ceux qui sont vraiment si courts qu'ils pourraient prêter à la risée.

Enfin, la débilité mentale est un cas d'exemption. On ne prend pas de déments, ni d'idiots.

Nos soldats, depuis des mois qu'ils luttent contre les ennemis, Boches, ou autres, ont bien montré que leur intelligence et leur esprit d'initiative étaient dignes de leur courage et de leur cœur.

 

Un Mot Héroïque

En décembre, au B...., un réformé de vingt-cinq ans, dont le major demandait le maintien en réforme protesta:

— Quelle est ma maladie?

— Bronchite chronique!

— Dites que je suis tuberculeux, mais, monsieur le major, je tiendrai bien trois mois, le temps qu'on en instruise un autre. Je demande à partir.

Le conseil hésita longtemps avant de se rendre à cette supplication et d'accepter ce sacrifice.

 

Après le Conseil de Révision

Les hommes déclarés « aptes au service armé » SOnt au moment de leur arrivée au corps visités à nouveau par des médecins militaires. Certains sont alors ou réformés ou classés dans les services auxiliaires.

Pendant longtemps, les hommes des services auxiliaires n'ont pas été appelés et ne faisaient aucune période d'instruction. Depuis plusieurs années, on les appelait selon les besoins.

Tandis que les hommes du service armé ont tous été égaux devant les périodes de service à accomplir et sont toujours incorporés par classe entière, les auxiliaires ne sont appelés que selon les nécessités des services. Par exemple, tous les charretiers auxiliaires ou tous les bouviers auxiliaires de six classes successives peuvent être convoqués à la fois, alors qu'une seule classe de secrétaires est appelée.

Depuis la guerre, on a convoqué surtout les auxiliaires de l'habillement, de la sellerie, de l'automobile ou du ravitaillement, alors que ies auxiliaires des professions agricoles étaient autant que possible laissés chez eux.

L'appel des hommes des services auxiliaires varie selon les régions, selon les emplois, selon les exigences du moment.

 

 

Les Engagements

Un grand nombre de Français que leur âge dispensait de tout service ont tenu à remplir plus que leur devoir. Ils ont contracté des engagements pour la durée de la guerre au titre français. On sait le haut exemple donné par M. Collignon, conseiller d'Etat, ancien secrétaire de la Présidence de la République. On a revu dans les rangs des grenadiers de soixante ans, alertes et gais. On y a vu aussi des enfants de 17 et 18 ans qui avaient devancé l'appel de leur classe.

Pour ces engagés, un seul major donne son avis. La visite est minutieuse et beaucoup plus sévère encore que pour les conscrits. Que de quinquagénaires et d'adolescents ont supplé en vain le major du recrutement de vouloir bien les incorporer. La France n'en est pas comme l'Allemagne à incorporer des bossus, des cancéreux et des diabétiques. Certes, un homme a toujours l'âge de ses artères. Et il y a des parisiens et des provinciaux de soixante ans qui sont aptes à faire campagne et qui font campagne et témoignt d'une résistance admirable.

Ces engagés suivent en général le sort de la classe correspondant à l'année de leur engagement. Naturellement ces jeunes gens on du être instruits; au contraire, les hommes d'âge, qui avaient été des soldats, ont pu partir au front aussitôt.

Les étrangers naturalisés suivent, en cas de mobilisation, le sort de la classe correspondant à l'année de leur naturalisation; cependant, il a fallu faire des exceptions. Par exemple, un Anglais de quarante ans, naturalisé français en 1910, aurait dû partir le premier jour à la frontière. Mais cet homme appartenant à une nation où le service militaire n'était pas obligatoire n'avait aucune instruction militaire. Il a dû attendre dans les dépôts « d'avoir fait ses classes ».

De nombreux engagements ont été signés, dans nos bureaux de recrutements, par des Italiens, des Grecs, des Tchèques, des Alsaciens, des Roumains, même des Turcs, des Bulgares, des Allemands.

Pour les Italiens, leur légion a été dissoute au moment où notre sœur latine se rangea à nos côtés. Les autres régiments ont contribué à grossir les effectifs de la légion étrangère qui, divisée en 1er et 2e étrangers (Bayonne et Orléans), compte pourtant plus d'hommes qu'une division. Ils se sont déjà illustrés et ceux qui ont assisté aux longs défilés des étrangers venant se ranger sous nos drapeaux et encombrant à certains jours les bureaux de recrutement, ont compris mieux encore la sainteté de notre cause.

 

 
 



Créer un site
Créer un site