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Le 16 octobre 1916


Progression de l'armée française sur toute la ligne.
L'ennemi a évacué la rive gauche de la Lys. Nous avons pris Estaires. Nous avons avancé notablement entre Arras et Albert et dans la région de Lens. Aucun changement entre la Somme et l'Oise, les Allemands s'étant bornés à une simple canonnade.
Entre l'Oise et la Meuse, nous avons avancé vers Craonne, au nord-est de la route de Berry-au-Bac à Reims et au nord de Prunay. Plusieurs kilomètres sont gagnés aux alentours de Reims. Progrès aussi en Woëvre et sur les Hauts-de-Meuse.
En Belgique, les troupes allemandes venant d'Anvers se sont mises en marche vers l'Ouest, et ont atteint les régions de Bruges et de Thielt.
Les Russes ont battu les Autrichiens en leur faisant de nombreux prisonniers, au sud de Przemysl - qui, de toute évidence, et à l'encontre des bulletins officiels lancés par le gouvernement de Berlin, ne tardera plus à se rendre.
Ancun changement sur la Vistule moyenne. On sait seulement que Varsovie, qui sera le centre de l'action russe de ce côté, se défendra à outrance.
Les correspondants militaires des journaux berlinois reconnaissent maintenant les difficultés de la campagne engagée contre la Russie.
Le Japon vient de donner à l'Allemagne une leçon d'humanité. Il a décidé, en effet, que le bombardement suprême de Tsing-Tao, en Chine, ne commencerait que lorsque la population civile aurait évacué la ville.
Le colonel boer Maritz s'est révolté contre le gouvemement de l'Union sud-africaine. Chargé d'organiser la défense de la frontière Nord-Est contre les Allemands de la colonie voisine, il a trahi et est passé de leur côté. Il a même pris le commandement des forces germaniques dans la région. La loi martiale a été proclamée dans la colonie du Cap, où d'ailleurs les Boers manifestent un loyalisme sincère.
Le gouvernement belge a exprimé ses remerciements à la Hollande, pour les bons traitements qu'elle a assurés aux réfugiés belges après l'évacuation d'Anvers.
Les Monténégrins ont infligé une nouvelle défaite aux troupes austro-hongroises, près de Sarajevo.

 
BALLY Jules François au 299e RI meurt de la fièvre typhoïde à l'hôpital auxiliaire de Luneville (54)
(MPF)
























































 

Le 17 octobre 1914


Les forces franco-anglo-belges, pour déjouer le mouvement d'enveloppement que von Kluck avait esquissé dans le nord de la France et à la frontière belge, du côté de Dunkerque et de Furnes, ont occupé tout le territoire compris entre Ypres et la mer.
Plus bas, refoulant l'ennemi avec vigueur, nous avons occupé Laventie, à l'est d'Estaires (région de la Lys), dans la direction de Lille.
Enfin, les attaques des Allemands sur les Hauts-de-Meuse ont été une fois de plus brisées. Leur échec a été surtout significatif à Malancourt.
Les Russes ont infligé une première défaite aux troupes allemandes, d'ailleurs très nombreuses qui se sont acancées sur la Vistule, vers Varsovie et Ivangorod. Quant au bombardement de Przemysl, il n'a pas cessé un seul instant, en dépit des nouvelles fausses que les T. S. F. Marconi lancés chaque soir des stations allemandes ont essayé d'accréditer dans le monde.
Les Serbo-Monténégrins annoncent qu'ils ont mis en déroute 150.000 Autrichiens aux approches de Sarajevo.
Le croiseur anglais Hawke, de 7.300 tonnes et de 420 homnes d'équipage - une unité lancée en 1889 - a été coulé par le sous-marin allemand 49, dans la mer du Nord.
M. di San Giuliano, ministre des Affaires étrangères d'Italie, est mort des suites de la crise cardiaque qui l'étreignait depuis plusieurs jours. M.Salandra, président du Conseil, a gardé l'intérim de ce ministère qu'il avait déjà pris depuis plusieurs jours. On parle d'un remaniement dans le cabinet italien.
Le Goeben et le Breslau, les croiseurs allemands qui s'étaient réfugiés à Constantinople au début des hostilités, ont réellement pénetré dans la mer Noire. La flotte russe s'est portée à leur rencontre. Il est possible que de ce côté des événements se produisent à bref délai.
Le nombre des réfugiés belges en Angleterre est de plus en plus considérable. Il ne serait pas inférieur à 200.000.
M. de Jagow, ministre des Affaires étrangères d'Allemagne, a donné une interview au Giornale d'Italia. Il essaie de faire peser sur la Russie les responsabilités de la guerre. Mais la presse italienne réfute ces arguments avec vigueur.
 
 

Le 18 octobre 1914

Nous occupons Fleurbaix, sur la Lys, tandis que les Anglais ont pris Fromelles au sud-ouest de Lille. Nos fusiliers marins, de leur côté, ont repoussé brillamment, en Belgique, une attaque allemande sur le canal d'Ypres à la mer.
En Prusse orientale, les Allemands qui avaient repris l'offensive sont réduits à la défensive. En Pologne, les forces russes ont franchi la Vistule.
Une flottille anglaise, composée d'un croiseur léger l'Undaunted, et de quatre contre-torpilleurs a coulé quatre contre-torpilleurs allemands sur la côte hollandaise.
Les escadres franco-anglaises qui opèrent dans l'Adriatique ont coulé un torpilleur autrichien.
Le bombardement de Cattaro se poursuit, d'autre part, avec succès.
Le gouvenement russe, imitant l'exemple donné par le gouvernement allemand, a fait poser de nombreuses mines dans la mer Baltique et en a avisé les puissances.
L'Autriche est à peu près à court de subsistances, comme d'ailleurs son alliée.
L'Allemagne, a suspendu les droits sur les céréales, les légumineuses et les farines.
Les Japonais ont pris, à Kiao-Tcheou, la colline qui domine la place de Tsin-Tao, dont la chute ne saurait plus maintenant être beaucoup différée.
Une partie des soldats boers qui s'étaient rebellés au Cap avec le colonel Maritz ont été capturés.
 
  • CHABERT Joseph Alfred (MPF)


Le 19 octobre 1914

 
Cinq hommes du 140e RI reçoivent la médaille militaire

journal officiel du 8 novembre 1914
   

Le 26 octobre 1914

L'ennemi a pu franchir l'Yser, entre Nieuport et Dixmude (Flandre belge) mais il s'est brisé à nos lignes autour de Lille, et a subi un refoulement au nord de l'Aisne et en Woëvre. Tout un régiment allemand a été détruit au défilé de la Chalade, près de Varennes, dans l'Argonne. Au surplus, dans le Nord, d'après les évaluations qui ont été sérieusement faites, les pertes de nos adversaires sont énormes. Ce sont les armées de von Bülow, du prince du Wurtemberg et du prince royal de Bavière qui nous sont maintenant opposées entre la mer et la Somme.
Les armées russes de Pologne ont poursuivi inlassablenent leur marche. Après avoir repris Skiernewice, noeud de chemins de fer important, à 100 kilomètres à l'ouest de Varsovie, elles s'approchent de Lodz, à 40 kilomètres encore plus à l'ouest, et que les Allemands commencent à évacuer. Ils ne tarderont pas à rentrer sur territoire prussien.
Un contre-torpilleur anglais, le Badger, a coulé un sous-marin allemand sur la côte hollandaise. Les Serbes et les Monténégrins ont livré une sanglante bataille aux austro-hongrois, près de Sarajevo. Attaqués par les forces supérieures, ils ont dû légèrement se replier dans la direction de Visegrade.
L'Allemagne qui avait déjà réclamé pour son état-major la direction des forces autrichiennes en Galicie, et qui semble avoir fait trés mauvais usage de ce pouvoir nouveau, prépare maintenant la défense du Trentin contre l'Italie.
L'Angleterre, qui était une grosse cliente des fabricants de sucre d'Allemagne et d'Autriche-Hongrie, vient d'interdire l'importation sur son territoire des sucres provenant de ces deux pays. Elle leur inflige de la sorte un préjudice considérable, en les empêchant de tirer parti de leur production. Mais les Anglais n'en souffriront pas, le gouvernement s'étant assuré le concours des Antilles. Il y a là encore l'un des éléments de la ruine du commerce germanique.
Le gouvernement de Petrograd a pris, de son côté, des dispositions pour que les Allemands et les Autrichiens ne puissent plus devenir propriétaires d'immeubles dans la partie occidentale de l'empire.
Le nombre des chômeurs qui est grand, par toute l'Allemagne, est surtout considérable en Saxe, où six ouvriers en moyenne se présentent pour un emploi disponible.
 

Zone de combat du 299e RI


 
 

Le 29 octobre 1914

  • Les Allemands doivent réellement s'être affaiblis dans la région de l'Yser où, d'après toutes les relations anglaises, ils ont subi d'effroyables pertes car leurs attaques sur tout le front du Nord se sont faites moins violentes. Nous avons progressé au nord et à l'est d'Ypres, c'est-à-dire dans la direction de Dixmude, où l'ennemi avait jusque-là, concentré ses efforts. De même nous poussons une offensive vigoureuse dans une toute autre direction, entre la Bassée et Lens. En Woëvre nous avançons entre Apremont et Saint-Mihiel.
  • Les bulletins de l'état-major russe, toujours remarquables par leur sobriété et leur discrétion, indiquent que la bataille entre les troupes de nos alliés et les Austro-Allemands s'est déployée sur un front colossal. Les troupes russes sont maintenant entrées à Lodz, qui est la seconde ville de la Pologne (elle a 600.000 âmes) et l'un des plus grands centres manufacturiers de l'Europe orientale.
  • Le cabinet de Vienne semble d'ailleurs complètement découragé par les résultats de la campagne en Galicie. Il porterait tous ses efforts vers la Serbie et le Montenegro, laissant à l'Allemagne - déjà incapable de le soutenir, tout le poids de la lutte contre les armées du grand-duc Nicolas.
  • M. Venizelos a fait d'importantes déclarations à la Chambre d'Athènes pour justifier l'occupation de l'Epire du nord par les troupes grecques. Cette occupation qui, en d'autres temps, eût peut-être mécontenté l'Italie, ne soulève maintenant à Rome aucune irritation.
  • Le général von Beseler, le chef de l'armée allemande qui prit Anvers, un théoricien et un tacticien remarquable, d'après les écrivains militaires allemands, s'est suicidé à Bruges. Il aurait eu à se plaindre des procédés de l'état-major de Guillaume II qui multiplie les actes de favoritisme.
  • Le prince de Battenberg, cousin du roi d'Angleterre George V et frère de la reine d'Espagne, a succombé aux blessures qu'il avait reçues sur le champ de bataille. Les intellectuels allemands prodiguent les manifestations pour soutenir la justice de la cause que défend leur pays. Mais ils se heurtent partout au dédain et à la colère.

Les pertes du département

 
 

31 octobre 1914


Inscription au tableau pour la médaille militaire
(journal officiel du 9 décembre 1914)