Vendredi 1er octobre
En Belgique, notre artillerie lourde a appuyé l'action de la flotte britannique contre les batteries de la côte.
En Artois, pas d'action importante.
Activité ennemie aux environs de Roye. Une forte reconnaissance a été dispersée par notre feu.
Devant Beuvraignes, nous avons fait exploser plusieurs mines et bouleversé les tranchées allemandes.
En Champagne, nous avons pris pied sur plusieurs points de la seconde ligne allemande, à l'ouest de la butte de Tahure et à l'ouest de la ferme de Navarin. En ce dernier point, certains éléments de nos troupes ont franchi la ligne ennemie, mais ils n'ont pu maintenir leur progression devant les tirs de barrage. Une violente action s'est engagée pour la possession de l'ouvrage dit de la " Défaite ".
A l'heure actuelle, 121 pièces de canons ont été prises par nous en Champagne.
Nos avions ont bombardé les gares de Cuignicourt, de Bazancourt, Warmériville, Pont-Faverger, Saint-Hilaire-le-Petit, ainsi qu'une colonne en marche vers Somme-Py.
Les Russes ont encore obtenu quelques succès sur l'ensemble du front.
M. Venizélos a prononcé un important discours à la rentrée de la Chambre hellénique; il y a déclaré que la situation était grave, et a évoqué indirectement le traité qui lie la Grèce à la Serbie.

Samedi 2 octobre
Nous progressons en Artois. Après avoir repoussé deux contre-attaques allemandes dans le bois de Givenchy et à la cote 119, nous avons gagné du terrain à Givenchy, fait 61 prisonniers et délivré des Français que l'ennemi avait capturés.
Canonnade et fusillade au nord de l'Aisne, près de Soupir.
Une contre-attaque allemande a été brisée net près de Maison-de-Champagne. Un coup de main entre Auberive et l'Epine de Vedegrange nous a permis d'enlever de nouvelles mitrailleuses et une trentaine de prisonniers. Les Allemands ont dirigé sur quelques-unes de nos nouvelles positions un bombardement intermittent auquel nos batteries ont efficacement répondu.
Un bombardement de nos tranchées en Argonne, au nord de Houyette, a été enrayé par un tir de représailles.
Nous avons canonné a longue distance des trains en gare de Vigneulles-les-Hattonchâtel et provoqué de violentes explosions. Les Allemands ont lancé, à longue portée, des obus sur Verdun et Nomény.
Notre dirigeable Alsace a bombardé Amagne-Lucquy, la gare d'Attigny et celle de Vouziers. Il est rentré à son port d'attache.
Sur le front belge, combat d'artillerie.
Les Russes condidèrent que la nouvelle offensive dirigée sur leur front par Hindenburg a totalement échouée. En tout cas, ils redressent leurs lignes dans la région de Dwinsk, et les journaux allemands reconnaissent qu'ils ont progressé sur plusieurs points.
La situation est devenue très grave dans les Balkans.
 
 
 
Dimanche 3 Octobre
Notre artillerie lourde coopère avec la flotte britannique au bombardement de la côte belge.
En Artois, canonnade réciproque dans la région de Souchez et de Neuville-Saint-Vaast. Nous progressons sensiblement sur les hauteurs de la Folie.
En Champagne, les Allemands canonnent (en faisant parfois usage d'obus suffocants) nos nouvelles lignes près de l'Epine de Védegrange et de la ferme de Navarin. Nom avons conquis un nouvel élément des positions ennemies au nord de Mesnil.
Canonnade réciproque près de Berry-au-Bac et de Sapigneul.
Deux fortes reconnaissances allemandes sont repoussées par nous en Lorraine, près de Moncel et de SornévilleNous abattons un ballon captif allemand. Soixante-cinq de nos avions bombardent les gares de Vouziers et de Challeranges.
Les Anglais ont conservé toutes leurs positions au nord-ouest de Hulluch.
Les Russes avancent sur tout le front. Ils ont remporté des succès signalés dans la région lacustre au sud de Dwinsk et ont rejeté les Allemands au delà de la Chara. Leurs effectifs s'augmentent d'ailleurs rapidement.
Les Italiens livrent des combats acharnés pour la possession de Tolmino.
La concentration bulgare s'opère à la fois à la frontière serbe et à la frontière grecque.


Lundi 4 octobre
Entre Souchez et Givenchy, nous avons repoussé toute une série d'attaques à la grenade. Nous avons ensuite progressé en enlevant un blockhaus et des retranchements au sud du bois de Givenchy.
Bombardement réciproque assez violent au sud de la Somme, aux environs de Beaufort et de Bouchoir.
En Champagne, nous brisons une contre-attaque allemande contre les positions que nous avions conquises au nord de Mesnil.
L'ennemi a bombardé notre arrière-front avec des obus suffocants, particulièrement dans la vallée de la Suippe. Mais notre artillerie, prenant à partie les batteries allemandes, a réduit plusieurs d'entre elles au silence.
Bombardement réciproque dans l'Argonne.
Des attaques ennemies ont été refoulées entre le col de Sainte-Marie et le col du Bonhomme (Vosges).
Nos avions ont opéré au-dessus de la gare, du pont du chemin de fer et des bâtiments militaire de Luxembourg.
Les Anglais ont reconquis dans le Nord, plusieurs éléments de tranchées.
La Bulgarie publie une note pour dire que l'intervention franco-anglaise en Macédoine hâtera l'explosion du conflit.
Une escadrille russe a bombardé Zunguldak dans la mer Noire.
Les Allemands se mettent sur la défensive devant Dwinsk.
 
 
 
Mardi 5 octobre
La lutte s'est poursuivie en Artois. A la cote 119, nous occupons le carrefour des Cinq-Chemins, puis l'ennemi y reprend pied. Partout ailleurs, les Allemands sont repoussés, malgré la violence de leurs contre-attaques réitérées.
Lutte d'engins de tranchées au sud de la Somme, dans le secteur de Lihons et de Chaulnes, ainsi qu'au nord de l'Aisne, dans la vallée de la Miette et aux environs de Sapigneul.
Nous avons abattu un taube et capturé les deux aviateurs.
En Champagne, bombardement réciproque près de la ferme Navarin. L'ennemi dirige des obus suffocants sur notre arrière-front. Deux contre-attaques ont été par nous dispersées près de Mesnil.
Dans l'Argonne orientale, nos batteries lourdes ont pris sous leur feu une colonne ennemie en marche de Baulny sur Apremont.
Une attaque allemande a été refoulée à Celles-sur-Plaine, dans les Vosges. Bombardement à l'Hartmannswillerkopf.
Une escadrille de nos avions a jeté 400 obus sur la gare des Sablons, à Metz.
Les Anglais, attaqués par les Allemands, près d'Hulluch, ont tenu ferme. Mais plus au nord, ils ont reperdu la plus grande partie de la redoute Hohenzollern.
La situation des Russes se consolide sur tout le front oriental. Ils ont détruit des canons et capturé des prisonniers.
La Russie a adressé au cabinet de Sofia une note très énergique à laquelle les autres puissances de la Quadruple Entente se sont associées et qui laisse prévoir le rappel des agents diplomatiques.


Mercredi 6 octobre
Violent bombardement de part et d'autre sur tout le front, au nord de la Scarpe et à l'est d'Arras.
Combat de bombes et de torpilles dans les secteurs de Quennevières, de Vic-sur-Aisne et sur le plateau de Nouvron.
En Champagne, canonnade réciproque dans la région de l'Epine-de-Vedegrange, près de la ferme de Navarin et de la butte de Souain. L'ennemi se sert toujours d'obus suffocants contre notre arrière front.
Lutte d'artillerie en Argonne (secteur de Houyette), aux Eparges, en forêt d'Apremont, et en Lorraine, près de Moncel, d'Arracourt et d'Ancerviller.
L'ennemi a tenté un coup de main contre nos postes à l'est d'Orbey, dans les Vosges. Il a été complètement repoussé.
Notre dirigeable Alsace a été capturé par les Allemands près de Rethel. Nos escadrilles d'avions ont opéré près de Péronne.
Les Russes ont à nouveau remporté une série de succés et l'on considère le plan de Hindenburg comme désormais avorté.
M.Venizelos, bien qu'ayant obtenu la majorité à la Chambre pour une politique de coopération avec la Quadruple Entente, a démissionné à la suite d'un entretien avec le roi Constantin.

Jeudi 7 octobre
Notre action en Champagne a abouti à de nouveaux et sérieux résultats.
Nos troupes d'infanterie, après une solide préparation d'artillerie, ont enlevé d'assaut le village de Tahure et atteint le sommet de la butte de ce nom qui formait point d'appui dans la seconde ligne de résistance ennemie.
Nous avons aussi progressé près de la ferme Navarin.
Le chiffre des prisonniers est d'un millier.
Combats d'artillerie en Artois (Givenchy), en Argonne (La Harazée), au bois Le Prêtre, en Lorraine (Leintrey, Reillon, Badonviller) et dans les Vosges (Metzeral).
Bombardement sur le front belge.
Les Russes ont remporté quelques avantages autour de Dwinsk. Les Allemands se retranchent devant cette place.
Le roi de Grèce a offert le pouvoir à M. Zaïmis, un ami de M. Venizélos.
Les ministres de la Quadruple Entente et le ministre serbe, jugeant la réponse de M. Radoslavof insuffisante, ont demandé leurs passeports.

Vendredi 8 octobre
Bombardement violent et réciproque, sans action d'infanterie, dans le secteur belge.
Activité d'artillerie en Artois; nous avons légèrement progressé au sud de Thelus, près de la route d'Arras à Lille.
Nous avons fait échouer un coup de main de l'ennemi sur un de nos postes avancés au sud de Roye.
Nos batteries, sur l'Aisne, ont provoqué deux explosions dans les lignes ennemies, dans la région de Juvincourt, et incendié la gare de Guignicourt.
En Champagne, les Allemands ont prononcé deux contre-attaques à l'ouest de la ferme Navarin. ILs ont été repoussés avec des pertes sérieuses.
Combats de bombes et de grenades en Argonne (Fille-Morte, Haute-Chevauchée).
Canonnade en Lorraine (Arracourt, Bures, Reillon, Badonviller).
Une reconnaissance allemande est dispersée à l'est de Sondernach.
Nous avons détruit en Champagne un ballon captif ennemi.
Avances russes et progression italienne.
Le cabinet grec s'est formé sous la présidence de M. Zaïmis. Il comprend les anciens présidents du Conseil, entre autres MM. Theotokis et Gotinaris.
L'agent diplomatique bulgare à Rome a été rappelé.
Trois classes nouvelles ont été convoquées en Italie.

Samedi 9 octobre
Les Allemands, après un violent bombardement, dirigent une attaque intense contre Loos (près de lens). Ils sont complètement repoussés avec de très grosses pertes.
Au nord d'Arras, canonnade vers Souchez et ses abords, ainsi que sur la crête de Vimy.
Activité de l'artillerie ennemie, et ripostes de la nôtre, dans la région de Roye et au nord de l'Aisne, vers Tracy-le-Val et au bois Saint-Mard.
En Champagne, les Allemands bombardent nos positions entre les routes de Saint-Hilaire à St-Souplet et de Souain à Somme-Py. Nous avons répondu et fait de sensibles progrès au sud de Tahure. Nous avons pris pied dans l'ouvrage dit du " Trapèze ", enlevé deux fortins et capturé 200 prisonniers.
A Malancourt (Argonne orientale), une de nos mines a bouleversé les travaux de sape de l'ennemi.
Canonnade au bois Le Prêtre et dans les Vosges.
Les Russes ont remporté un important succés près de Smorgony, où ils ont occupé des positions aménagées par les Allemands.
Les Austro-Allemands prétendent avoir rassemblé 350000 hommes à la frontière serbe.
Un grand conseil de guerre s'est tenu à Londres, entre ministres anglais et ministres français.
Le nouveau cabinet grec Zaïmis proclame sa volonté de maintenir une neutralité sympathique aux alliés.

Dimanche 10 octobre
Les Allemands, bien qu'ils aient déjà subi sur ce point de lourdes pertes, ont renouvelé leurs attaques contre nos tranchées devant Loos. Ils ont été refoulés dans les leurs.
Ils ont été repoussés également au sud-est de Neuville-Saint-Vaast.
Violent bombardement de part et d'autre sur tout le front d'Artois.
Des démonstrations ennemies ont été arrêtées à l'est de Souchez; d'autres ont eu le même sort, sur l'Aisne, près du Godat.
Canonnade à Lihons, à Quennevières et à Nouvron.
En Champagne, nous avons rejeté une contre-attaque à l'est de la ferme Navarin et une autre contre la butte de Tahure.
Lutte de bombes en Argonne et sur les Hauts-de-Meuse.
Plusieurs reconnaissances allemandes ont été dispersées sur le front de Lorraine.
Les Russes ont progressé dans plusieurs secteurs, capturant en tout 4000 prisonniers.
Les Austro-Allemands ayant franchi le Danube et la Save, en face de Belgrade, ainsi qu'à l'est et à l'ouest de cette ville ont subi une série d'échecs qui leur ont occasionné de lourdes pertes.
La Bulgarie a protesté auprès de la Grèce contre les facilités que cette dernière a offertes au débarquement franco-anglais à Salonique.

 
 
 



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