Vendredi 21 septembre
Activité d'artillerie, dans la région au sud de l'Oise, en Champagne, dans le secteur du Cornillet et du mont Haut, et sur les deux rives de la Meuse.
Les Anglais ont attaqué sur un large front à l'est d'Ypres. Les premiers rapports mentionnent de satisfaisant progrès ainsi que la prise d'importantes positions.
Les Allemands, en Livonie, ont pris l'offensive dans la région située à l'ouest de Lembourg. Les Lettons, soutenus par l'artillerie, ont, par une contre-attaque hardie, repoussé l'ennemi avec de grandes pertes.
Les aviateurs russes ont jeté avec succès des bombes sur des dépôts ennemis, dans la région de Podregyna, sur la rive septentrionale du lac Narotch. Par contre, les pilotes allemands ont bombardé les gares de Dubno et de Madzivilow.
En Moldavie, dans la région d'Okna, les Allemands, par des contre-attaques, ont forcé les Roumains à évacuer un secteur qu'ils avaient occupés au sud de Grozeschi. Les Roumains ont fait 35 prisonniers.
Le Sénat argentin, par 25 voix contre 1, a voté une motion concluant à la rupture avec l'Allemagne.
Samedi 22 septembre
Nous avons aisément repoussé des coups de main ennemis au nord de Vauxaillon, dans le secteur de Cerny et sur le front de Verdun, vers Lamorville et Béthincourt.
En Champagne, activité d'artillerie dans la région des Monts. Une attaque allemande sur le mont Haut a été dispersée par nos feux avant d'avoir pu aborder nos lignes. L'ennemi a subi des pertes sérieuses.
L'offensive anglaise de Flandre, à l'est d'Ypres, s'est développée sur un front de 13 kilomètres, entre le canal d'Ypres à Comines et la voie ferrée d'Ypres à Stades. Nos alliés ont obtenu un succès considérable, conquérant les positions de grande importance et infligeant à leurs adversaires de lourdes pertes.
Les premiers objectifs furent atteints de bonne heure : ils consistaient en points d'appui bétonnés et en fermes organisées. Le bois d'Inverness, le bois de Glencorse et Nonne Bosschen furent pris d'assaut, ainsi que les fermes de Potsdam, de Vampir et le point d'appui de Gallipoli. A droite, il y eut un violent combat au nord du canal d'Ypres. Au centre, le gain fut de 1600 mètres en profondeur. Au nord, Zevankote fut enlevé. Le nombre des prisonniers dépasse 2000. Les pertes britanniques sont légères.
Sur le front russe, on signale toute une série de combats aériens, et des bombardements par avions.
Le croiseur anglais Glasgow, arrivé à Buenos-Aires, a été acclamé par la population, dont la colère monte contre l'Allemagne.
Dimanche 23 septembre
Activité marquée des deux artilleries sut tout le front de l'Aisne, notamment vers la ferme Bonnejean, dans les régions de Cerny et de Cuoy.
En Champagne, les Allemands ont prononcé une attaque sur nos positions entre Maisons-de-Champagne et la Main-de-Massiges. Quelques fractions ennemies ont pu aborder nos lignes et prendre pied dans un élément de tranchée d'où nous les avons rejetées, après un vif combat.
Nous avons pénétré dans une tranchée allemande vers Beauséjour, détruit des abris et ramené du matériel.
Sur la rive droite de la Meuse, canonnade vers Bezonvaux.
Rencontre de patrouilles en Haute-Alsace. Dans les dix derniers jours, nous avons abattu 15 avions allemands.
Les Allemands continuent à contre-attaquer en Flandre. Ils subissent des pertes considérables. Ils ont échoué dans une tentative à l'ouest de St Julien et sur plusieurs autres points. Nos alliés gardent leurs lignes intactes. En particulier, les ennemis ont été fauchés à l'est de Langemarck.
Les Russes ont perdu la tête de pont de Jacobstadt, sur la Dwina inférieure.
L'Allemagne et l'Autriche ont répliqué à la note du pape. Elles ne fournissent aucune précision, en ce qui touche les questions de territoire.
Lundi 24 septembre
Les Allemands ont attaqué de nouveau après un violent bombardement, nos positions de la région de Maisons-de-Champagne. Nos feux ont brisé l'attaque avant qu'elle est pu aborder nos lignes. La lutte d'artillerie a été vive dans la région des Monts. Un coup de main ennemi vers le mont Haut, n'a donné aucun résultat. Nous avons pénétré dans les lignes allemandes au sud de Vaudesincourt et opéré des destructions importantes.
En Woëvre, une tentative allemande sur nos tranchées, entre Fay et Regnéville, a également échoué. Nous avons fait des prisonniers.
Les troupes britanniques ont exécuté avec succès un coup de main au nord-est de Gouzeaucourt. Elles ont infligé de sérieuses pertes à l'ennemi.
Canonnade dans le secteur d'Ypres.
En Macédoine, la lutte d'artillerie se poursuit sur le Vardar. Des coups de main des Bulgares ont été repoussés, notamment dans le secteur italien. Un détachement français a accompli un raid heureux en contact avec les contingents albanais d'Essad pacha, dans la vallée de Skumbi. Il a fait 442 prisonniers.
Mardi 25 septembre
Sur le front de l'Aisne, la lutte d'artillerie s'est poursuivie très vive dans la région Braye-Cerny-Hurtebise. Nous avons repoussé un coup de main sur nos petits postes au nord de Braye-en-Laonnois.
Sur la rive droite de la Meuse, après un violent bombardement, les Allemands ont attaqué nos tranchées au nord du bois le Chaume, sur une étendue de 2 kilomètres. Menée par quatre bataillons, appuyée par des troupes spéciales d'assaut, l'attaque a été désorganisée par nos feux et a été impuissante à aborder nos lignes sur la plus grande partie du front attaqué. Dans quelques éléments de tranchée, au centre, où l'ennemi avait réussi à prendre pied, un violent combat s'est engagé qui a fini à notre avantage. Nos soldats ont infligé de lourdes pertes à l'adversaire et sont restés maîtres de leurs positions. Au même moment, deux attaques secondaires, prononcées l'une au nord de Bezonvaux, l'autre au sud-est de Beaumont, subissaient également un sanglant échec, grâce à la vaillance de nos troupes, qui se sont portées avec fougue au devant de l'assaillant. Nous avons encore repoussé deux tentatives.
Sur le front de Macédoine, canonnade active sur le Vardar et dans la boucle de la Cerna.
Une attaque bulgare, qui avait pris pied à l'est de lac Prespa, a été chassée de la position par une contre-attaque.

 
Mercredi 26 septembre
Une lutte d'artillerie très vive se maintient dans les régions d'Hurtebise et de Craonne et sur la rive droite de la Meuse, dans le secteur du bois de Chaume. Sur ce dernier point, l'ennemi a renouvelé ses tentatives pour pénétrer dans nos tranchées. Malgré un emploi intensif de lance-flammes, il a été repoussé avec de lourdes pertes sans obtenir aucun avantage.
Nos avions ont effectué diverses opérations de bombardement : 10000 kilos de projectiles ont été jetés au cours de ces opérations, notamment sur les gares de Cambrai, Luxembourg, Longuyon, Brieulle. Plusieurs incendies ont éclaté dans les bâtiments bombardés.
Nos alliés britanniques ont exécuté avec succès un coup de main à l'est d'Epehy : ils ont fait un certain nombre de prisonniers. L'ennemi qui tentait d'enlever un poste avancé au nord-est de Lens, a été rejeté à la suite d'un combat à la grenade.
Activité d'artillerie aux alentours d'Ypres.
Au petit jour, et grâce à un épais brouillard, l'ennemi a lancé une forte contre-attaque à la hauteur de Towerhamlet et du bois du Polygone. Il a été repoussé sur la plus grande étendue de ce front, mais en deux points, au nord de la route Ypres-Menin au au sud du bois du Polygone. Il a réussi à pénétrer dans les tranchées. Il a été ensuite rejeté des positions qu'il avait occupées. Nos alliés ont rétabli tout leur front.
Les Italiens ont brisé une offensive autrichienne au Monte Nero et d'autres attaques à l'est de Gorizia.
Les Russes ont arrêté une attaque allemande en Livonie et réussi un coup de main sur le front roumain.
Dans une note complémentaire au Vatican, l'Allemagne promet de reconnaître l'indépendance de la Belgique sous des conditions qui lui donneraient un pouvoir de tutelle sur ce pays. On considère toutefois que ce premier pas a coûté au Kaiser.
Guynemer est déclaré disparu.
Jeudi 27 septembre
Activité marquée des deux artilleries en quelques points du front de l'Aisne et sur la rive droite de la Meuse. Nos batteries ont pris sous leur feu et dispersé des rassemblements ennemis au nord de Beaumont. Deux avions allemands ont été abattus et deux autres gravement endommagés.
Les gares de Roulers et de Lichtervelde, les cantonnements de Nantillois, les gares de Brieulles, de Metz-Woippy, etc, ont été copieusement arrosés de projectiles par nos escadrilles.
Nos alliés britanniques ont attaqué sur un large front dans le secteur de bataille à l'est et au nord-est d'Ypres. Les rapports signalent une avance très satisfaisante.
Un coup de main a été effectué à l'est de Gouzeaucourt par des troupes de Suffolk qui ont rencontré une vigoureuse résistance. Deux abris occupés ont été détruits et de nombreux ennemis ont été, en outre, tués à la baïonnette.
En Macédoine, la canonnade a réduit son intensité, sauf sur la Basse-Strouma, où elle a pris une certaine activité.
Les aviateurs britanniques et serbes ont bombardé les campements bulgares aux environs de Demir-Hissar et de Doiran.
Les zeppelins et les avions allemands ont accompli en Angleterre deux nouveaux raids, dont l'un aux abords de Londres. Il y a eu des victimes.
 
 

Vendredi 28 septembre
Sur le front de l'Aisne, les Allemands ont manifesté une particulière activité. Après un violent bombardement de nos positions, depuis les Vaux-Mérous jusqu'à l'ouest de Cerny, l'ennemi a attaqué au sud de l'arbre de Cerny, mais il a dû, sous nos feux, regagner ses lignes non sans avoir subi de lourdes pertes. Une seconde attaque, déclenchée entre le plateau des Casemates et le plateau de Californie, a été également refoulée.
Deux coups de main allemands : l'un sur la rive droite de la Meuse, dans la région de Beaumont; l'autre en Alsace, dans la région du Linge, ont complètement échoué.
L'attaque anglaise entre Tower-Hamlet et St-Julien a fort bien réussi. Nos alliés ont achevé la conquête de l'éperon de Tower-Hamlet et livré un combat victorieux au nord de la route d'Ypres à Reims. Ils ont chassé l'ennemi de ses positions. Plus au nord, les Australiens ont enlevé le reste du bois du Polygone. A leur gauche, les Anglais, Ecossais et Gallois ont pénétré de 1600 mètres en profondeur dans les lignes allemandes et pris Zonnebecke. Entre St-Julien et Gravenftatel, l'avance a été de 2400 mètres. Toutes les contre-attaques allemandes ont été repoussées. Plus de 1000 prisonniers ont été faits. 17 aéroplanes ennemis ont été abattus.
Les Allemands ont tenté des reconnaissances dans le golfe de Riga.
Les Anglais continuent à bombarder journellement le littoral flamand.
Samedi 29 septembre
Les Allemands ont tenté une série de coups de main sur le front de l'Aisne, dans la région du Panthéon, au sud de la Royère, dans la région au sud d'Ailles et sur nos tranchées, au nord-est de Courcy. Tous ont été repoussés par nos feux.
En Argonne, au Four-de-Paris, puis au nord-ouest de Tahure et à l'ouest de la ferme Navarin, l'ennemi a lancé sur nos positions trois attaques successives, mais nos tirs d'artillerie et d'infanterie l'ont empêché d'aborder nos lignes et lui ont fait subir de lourdes pertes.
Vives actions d'artillerie sur la rive droite de la Meuse, en particulier dans la région de la cote 344.
Malgré les conditions atmosphériques défavorables, nos escadrilles de bombardement ont, au cours de la nuit, copieusement arrosé de projectiles les terrains d'aviation de Marville et de Mars-la-Tour, les gares de Brieulles, Fléville et Romagne-sous-les-Côtes, les cantonnements de Peuvillers et de Sivay-sur-Meuse.
Les Anglais ont brisé une contre-attaque ennemie sur leurs positions de Zonnebeke. Ils ont enlevé, au sud de Tower-Hamlet et du bois du Polygone, des points d'appui isolés où des groupes ennemis tenaient encore à proximité de leurs nouvelles positions. Ils ont effectué avec succès un coup de main au sud-ouest de Cherisy.
Canonnade au sud de Lens.
Dimanche 30 septembre
Aucune action d'infanterie.
La lutte d'artillerie a pris une assez grande intensité sur le front de l'Aisne, notamment dans les secteurs du Panthéon et d'Hurtebise.
Sur la rive droite de la Meuse, le bombardement continue, violent de part et d'autre, dans la région au nord du bois le Chaume. Deux avions allemands ont été abattus par nos pilotes.
Des escadrilles ont bombardé les terrains d'aviation de Staden, Roulers, Cortemark et les cantonnements de la région.
Sur le front belge, activité d'artillerie normale. De nombreuses patrouilles allemandes ont tenté de faire des incursions dans les lignes de nos alliés. Leurs tentatives ont été vaines sauf sur un point, d'où l'agresseur a été, d'ailleurs, aussitôt chassé.
En Macédoine (Strouma et Vardar), activité d'artillerie assez sérieuse de part et d'autre. Rencontres de patrouilles sur la Strouma et dans la vallée de Devoli.
Les Russes ont perdu un contre-torpilleur qui a coulé sur une mine.
Les troupes italiennes, par un coup de main bien réussi, ont rectifié leur ligne entre la Serra di Dol et les pentes nord du San Gabriele. Elles ont capturé 8 officiers et 216 hommes. Malgré les retours offensifs de l'adversaire, elles ont maintenu leurs positions. Les avions italiens ont bombardé la zone de Voichazza (Carso) et la place de Pola.
 
 
 



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