Le premier mois de guerre 

Du coté de la préfecture de l'Isère

La Mairie a reçu le 24 Août 1914

 

 Les arrivés des prisonniers

avis du décès du soldat réserviste VIALLET Firmin-Auguste du 99e d'Infanterie, demeurant à Vienne, rue Girard 12, survenu à Lubine (Vosges) ambulance n° 4. ! Cette famille a été aussitôt prévenue du malheur qui l'a frappé par les soins de M. Brenier, Maire.
 
A noter que contrairement aux bruits qui circulent, ce décès est le premier signalé à la Mairie.
 
Le 24 aout 1914, 115 prisonniers allemands dont un grand nombre sont des réservistes de la Landwehr sont arrivés ce matin à Vienne. La plupart d'entre-deux formaient une colonne qui, encadrée de soldats a été dirigée sur l'école pratique au milieu d'une foule énorme. Il nous a été agréable de constater que, suivant les recommandations des autorités, pas un cri hostile n'a été poussé ; le public s'est montré calme et digne en présence de nos agresseurs. Parmi eux, se trouve un lieutenant de réserve qui a été fait prisonnier à l'hôpital de Mulhouse, lors de la reprise de la ville par les Français.
 
    Les réfugiés
Le 27 aout 1914, la Grande Blanchisserie Viennoise qui avait fermé ses portes à la déclaration de la guerre a repris le travail depuis lundi dernier. Madame Auguste CHAUMARTIN a, en l'absence de son mari, pris cette initiative, le blanchissage hygiénique étant la meilleure garantie contre toute épidémie.
 
 
Dimanche 23 aout 1914 par le train de 11 h 00 arrivait à notre gare un nouveau convoi de 130 Belfortins. Ils ont été reçus par les membres du comité de service, MM. Montés, Prévôt, Verse, Perrin et d'autres encore qui font preuve d'un dévouement et d'une activité inlassables et se dépensent sans compter. Par leurs soins, nos malheureux compatriotes ont été rapidement logés chez l'habitant ; un certain nombre d'hommes ont pris leurs repas dans les cantines populaires grâce à l'extrême obligeance des présidents des secteurs, et tous se sont montrés profondément touchés de l'accueil qui leur a été fait dans notre ville si hospitalière. Rendez-vous leur avait été donné pour le lendemain 8 heures dans la cour de la gare.
 
A l'heure dite les Belfortins sont arrivés ; immédiatement, ils sont groupés par communes et M. Montés distribue à chacun d'eux un ticket portant le nom de la station ou ils doivent descendre. Ils prennent ensuite place dans le tramway de St-Jean-de-Bournay qui se met en marche à 9 h 00 au milieu d'un grand concours de la population de Vienne, accourue pour saluer ses hôtes d'un jour qui emporteront de leur court passage dans notre ville le souvenir le plus ému et le plus reconnaissant.
 
Sur tout le parcours, même aux stations où aucun arrêt n'est prévu, une partie de la population se porte au devant du convoi qui est accompagné par M. Perrin.
  • A Villeneuve-de-Marc 16 Belfortins descendent ; le maire nous met rapidement au courant des dispositions qu'il a prises pour les recevoir ; un repas leur a été préparé ; ils seront ensuite répartis chez l'habitant.
Les mêmes mesures ont du reste été arrêtées dans les diverses communes où nous nous arrêtons ;
  • Lieudieu en reçoit 14,
  • Bossieu 10,
  • Balbins 10,
  • Comeille 11,
  • Semons 8,
  • Ornacieux 10,
  • Arzay 10,
  • Faramans 10,
  • à la Côte-St-André sont laissés quinze hommes valides qui pourront-être très utilement employés aux travaux des champs ;
  • puis le convoi se dirige vers Gillonnay où descendent 15 personnes et
  • St-Hilaire-de-la-Côte point terminus où nous laissons encore 15 voyageurs.

Dans toutes les communes, les maires nous attendaient et tous nous ont donné l'assurance que les malheureux Belfortins trouveraient au milieu de la vaillante population de nos campagnes l'accueil le plus réconfortant et la sympathie la plus vive. Nous avons été très heureux de constater combien dès leur arrivée on s'empressait autour d'eux pour leur prodiguer des paroles de bienvenue et de réconfort.
A tous ceux qui font si simplement et si dignement leur devoir dans les circonstances douloureuses que nous traversons et favorisent par un si bel esprit d'étroite solidarité l'accomplissement de la tâche que s'est imposée le comité, nous adressons nos remerciements.

Le 26 aout 1914 un convoi de 50 Belfortins a été dirigé sur Beaurepaire où un très cordial accueil leur a été fait. Dès leur arrivée dans ce coquet chef-lieu de canton la plupart d'entre-deux ont été embauchés pour les travaux des champs.


 

 



 



 


 

 
 



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